Tchernobyl: Green Cross demande des scénarios pour la vallée du Rhône

Michel DEPROST  |  26.04.2012 - 13:44

Pour la commémoration de la 26ème année de la catastrophe nucléaire, Green Cross a effectué un voyage d'étude dans la région de Tchernobyl où  l'ONG est présente depuis son lancement en 1993. Le Directeur de l'association estime que des scénarios d'évacuation devraient être préparés pour la vallée du Rhône.

Alors que l'anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl est commémoré, Nicolas Imbert, directeur de Green Cross France et Territoires, déclare « en France, nous devons travailler pour la mise en place de plans d'action concrets à même de répondre aux accidents et catastrophes nucléaires, en particulier dans la vallée du Rhône. Cela passe par une co-construction partagée des scénarios d'évacuation et modes de réponse entre les autorités et services d'évacuation, les entreprises impliquées et la société civile. Et il est urgent de faire cet exercice, sans concession.»
L'association rappelle que près de 9,9 millions vivent dans les régions contaminées de Biélorussie, d'Ukraine ou de la Russie. Le suivi médico-social de ces populations est largement insuffisant. Il reste aussi beaucoup à faire  permettre une production et une consommation de denrées alimentaires non contaminées et pour assurer un suivi sanitaire et social de proximité, accessible à des populations souvent isolées et défavorisées.

« A l'échelle de l'Ukraine, plus de 5% du budget annuel qui est consacré à la seule réparation des effets directs de la catastrophe de Tchernobyl, pour une réponse encore insuffisante aux besoins du court et du moyen terme », déclare le Pr. Theodor Abelin, de l'Université de Bern, qui accompagne régulièrement les travaux de Green Cross.
 

Mesures insuffisantes à FUKUSHIMA
Une délégation japonaise a suivi le voyage d'étude. Ikuko Hebiishi, élue de Koriyama (district de Fukushima), explique qu'en  « observant la gestion de l'accident à Fukushima, nous avons déterminé trois mesures d'urgence à prendre pour mieux gérer les catastrophes nucléaires :
1.    Localiser le risque : munir la population de dosimètres et mettre à disposition des outils d'analyse des vents et modes de transmission des particules,
2.    Prévenir le risque sanitaire immédiat : par la mise à disposition rapide de pastilles d'iode, un système d'approvisionnement en eau et nourriture et des moyens de se prémunir autant que possible contre les particules.
3.    Anticiper l'évacuation pour la rendre plus rapide et efficace : en diffusant régulièrement et massivement des consignes claires, répétées et comprises par la population et en anticipant des scénarios d'évacuation précis et fluides et en prévoyant des lieux d'accueil pour les réfugiés.
 
Ces mesures n'ont pas ou ont été peumises en place à Fukushima. L'outil de mesure de l'orientation des vents (Speedy) était accessible aux seuls spécialistes et ne permettait pas aux populations de s'orienter. Les dosimètres sont arrivés en nombre insuffisant et trop tard et la distribution des pastilles était trop tardive et trop partielle. Enfin, l'évacuation individuelle, en voiture, a créé des embouteillages massifs qui ont fait courir un risque d'exposition aux radiations.
 
Ikuko Hebiishi souligne l'importance de procédures transparentes, comprises et approuvées par les populations et d'une information concrète régulièrement actualisée. Les gens ne doivent pas être mis en situation passive : il est mieux de donner aux populations les clés pour agir elles-mêmes et  s'organiser dans l'urgence, plutôt que d'attendre les réponses d'une organisation centrale qui sera dans un premier temps désorganisée. L'élue japonaise explique que dans la région de Fukushima des affections focalisées sur des enfants (saignements de nez, diarrhées à répétition…), sans moyens de suivi sanitaire et préventif déployés pour y apporter une réponse appropriée.

Des études à long terme.

GreenCross estime que les éléments de réponse court terme et moyen terme aux catastrophes nucléaires ont besoin dêtre complétés par une approche de long terme. Les études de terrain montrent que plus les sujets sont exposés jeunes, plus les risques sont grands sur une période de 15 à 20 ans. Sur les territoires contaminés par Tchernobyl, Green Cross a souhaité, sur les bases des analyses de risques sanitaires connus et publiés, compléter ses travaux par une étude réalisée sous la conduite du professeur Jonathan M. Samet, de l'University of Southern California, sur les risques psychologiques et psychiatriques dans les  zones contaminées et auprès des gens déplacés. Cette étude sera publiée fin 2012.
 

L'étude de Green Cross Suisse sur les risques psychologiques et psychiatriques ainsi que des informations complémentaires sont disponibles sur le site : http://www.greencross.ch/de/news-info/tschernobyl.html
 
Green Cross, est une organisation non gouvernementale internationale fondée par Mikhaïl Gorbatchev en 1993. Green Cross France et Territoires est le représentant français de Green Cross International. Elle vise à préserver un milieu sain pour un avenir serein, en s'intéressant particulièrement aux thématiques liant eau, alimentation et énergie dans une approche incarnée sur les territoires. Green Cross France et Territoires est un partenaire agrée du « 1% pour la Planète ».
 


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