Nucléaire: un débat public confisqué, selon la Fédération Chimie Energie du Syndicat CFDT.

Michel DEPROST  |  01.12.2011 - 17:45

Le débat sur l'énergie est souvent simplifié à l'extrême en France. L'élection présidentielle risque de transformer le débat en surenchère binaire. Nous publions ci-dessous un éditorial de la Fédération Chimie Energie de la CFDT, qui expose la complexité des enjeux. Le texte est celui de la lettre de la Fédération, le titre, les intertitres et le chapeau sont d'Enviscope.com.

L'accord passé entre le Parti Socialiste et Europe Ecologie Les Verts fait du nucléaire un sujet d’accord politique. Que ce soit sur le rééquilibrage du Mix énergétique ou sur le combustible Mox, la FCE-CFDT, dans sa fonction de représentation des salariés du secteur, entend prendre part au débat public et citoyen sur le nucléaire. A partir d’une réflexion fondée sur des considérations économiques, environnementales, industrielles et sociales, notre fédération vise à promouvoir un autre modèle de croissance énergétique et industriel favorable à l’emploi.

Réduire la part de la production d’électricité nucléaire en France aux profits des énergies renouvelables dans un mix énergétique équilibré, et d’une plus grande efficacité énergétique, fait sens. Mais cela ne se réalisera que si le développement et la structuration d’une filière des énergies renouvelables sont soutenus par des politiques publiques d’investissements fortes. Elles n’existent pas aujourd’hui significativement ce qui rend fortement improbable l’effectivité des annonces véhiculées ces derniers jours par les médias.

Des fermetures illusoires

Annoncer que la diminution de la part de production d’électricité à base de nucléaire devrait se traduire par la fermeture de 24 tranches d’ici à 2025 est complètement illusoire. D’une part, au regard de la demande énergétique croissante du pays, d’autre part en fonction des capacités technologiques, financières et sociales à mettre en œuvre.

De plus, aucune mesure d’impact sur les secteurs industriels, sur les emplois directs et indirects n’est d’ailleurs réalisée sur les conséquences de telles décisions qui vont bien au-delà de l’élection à venir…

Un non sens économique

C’est également faire fi des expertises et scénarii à l’étude à l’horizon 2030 et 2050 dont les résultats ne sont pas encore évalués. Sans parler du non sens économique et technologique que constituerait l’abandon de la filière MOX dans le contexte actuel d’exploitation et de sécurisation des installations nucléaires en fonction.

Au prétexte d’un programme de gouvernement pour les élections présidentielle et législative à venir, la réflexion pourtant essentielle qui doit être conduite dans un débat citoyen concerté sur la politique énergétique, est foulée au pied par des considérations électoralistes.

La FCE-CFDT entend donc agir auprès des candidats à l’élection présidentielle et développer ses arguments pour que le débat public porte sur la recherche d’un autre modèle de croissance durable..

 

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