Dans les Ecrins, la fonte du Glacier Blanc s'accélère

Michel DEPROST  |  26.12.2011 - 15:06

Le glacier Blanc dans le Massif des Ecrins, au pied de la Barre des Ecrins, a poursuivi en 2011 son recul impressionnant. Ces dix dernières années, la fonte du glacier s'est accélérée.

Avec un retrait de 76 mètres en 2011, le recul du front  du glacier Blanc, au pied de la Barre des Ecrins, point culminant du massif, a battu un triste record. L' accélération du recul de la langue glaciaire s'accentue. Le recul du glacier est de 620 mètres depuis 1986, date de la mesure maximale de la dernière petite crue. Ce recul représente une moyenne annuelle  de 25 mètres de moyenne par an. La dernière crue qui avait permis un gonflement et une avancée du glacier, avait eu lieu de 1980 à 1986.

Pendant les 10 dernières années, le recul s’est même accéléré sensiblement. I a doublé en raison de l’élévation des températures qui a accru l’ablation du glacier, la fonte de la langue glaciaire, en bas du " fleuve de glace" plus forte pendant une durée plus longue.

Le retrait est de 32 mètres par an. " Cela semble donc s'accélérer et, en la matière, les prévisions du GIEC (Groupe international  d’experts sur le climat) ne sont pas optimistes !" rappelle Martial Bouvier , du secteur de l'Embrunais, qui, au sein du Parc national des Ecrins, coordonne le suivi des programmes "glaciers". Le Glacier Blanc a perdu plus de 30 millions de mètres cubes d'eau évacués par la Durance.

Une situation à l'image de la situation des autres glaciers alpins


La situation du Glacier Blanc est évidemment loin d’être unique dans le Massif des Ecrins qui compte 120 glaciers. Tous les glaciers reculent, sauf accident pouvant durer quelques années. De nombreux petits glaciers ne fonctionnent plus. Leur surface s’est considérablement réduite et ils ne retiennent plus de neige qui se transforme en glace . Ce ne sont plus que des lambeaux condamnés à disparaitre.
Dans les vingt ans qui viennent environ 80 glaciers du massif des Ecrions devraient disparaitre. Cette prévision rejoint celle de spécialistes  que nous avons rencontrés l'étét dernier dans le cadre de l'opération SUPERALP  qui évoquent la disparition de glaciers situés en dessous de 3000 mètres dans les Alpes. Dans les Alpes, la disparition d'un glacier important comme le glacier de Saint-Sorlin, dans le massif des Grandes Rousses, est annoncée avant  2050.

Seuls les glaciers plus importantes devraient rester. La fin du g glacier Blanc, comme les glaciers de la face nord de la Meije, comme le Glacier de Mont de Lans.

Evidemment, cette évolution a des conséquences sur l’évolution de la montagne. La décrue des glaciers, met au jour des surfaces rocheuses immenses, qui sont loin d’être stabilisées. Travaillées par l’érosion glaciaire, fragilisées,  elles mettront des années à se purger et représenteront pendant des années, des dangers objectifs pouvant rendre la pratique de l'alpinisme plus dangereuse.
La décrue glaciaire, entraine déjà des modifications dans les pratiques en montagne. Des itinéraires deviennent moins faciles. Les courses de neige et de glace sont plus faciles et plus rapides, souvent moins techniques. L’arrivée vers le rocher est aujourd’hui plus délicate et fait appel à des notions et équipements d'escalade, les sorties des glaciers  sont plus abruptes. Les itinéraires ne sont pas assurés.

Modification des paysages


La montagne pourrait perdre une partie de la magie de ses paysages. Les glaciers font de la haute montagne un univers à part sur la planète. Privées de leurs neiges ' éternelles" et de leur glace, de nombreuses parties des Alpes perdront leur caractère pour prendre le caractère de massifs moins exceptionnels comme ceux des Alpes du Sud, en France, en Italie, en Slovénie.


L’évolution des précipitations et du climat entraine aussi des changement sur les régimes des cours d’eau. L’appauvrissement des glaciers, l’absence de stocks de neige et de glace, réduite les quantités d’eau apportés aux rivières  penant l’été et les étiages en fin d’été seront  plus accentués.

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