Haut Rhône: 57 kilomètres ouverts à la plaisance

Michel DEPROST  |  08.06.2011 - 05:00

Une partie du Haut Rhône est ouverte depuis l’automne 2010 à la navigation. La navigation sur le Haut Rhône a existé jusqu’à la construction du barrage de Génissiat après la deuxième guerre mondiale. Cette navigation a permis surtout aux dix neuvième siècle et au début du vingtième siècle de relier Lyon et Genève. Elle est aujourd'hui une chance pour le développement touristique du Haut-Rhône et la découverte de ses milieux naturels.


Après deux ans de travaux, le franchissement des aménagements hydroélectriques de Chautagne et de Belley (Ain) est rendu possible grâce à l’ouverture de deux écluses, respectivement situées en rive gauche des centrales hydroélectriques d’Anglefort (aménagement de Chautagne) et de Brens-Virignin (aménagement de Belley) sur le domaine concédé de la Compagnie Nationale du Rhône.
Ces écluses permettent de franchir des hauteurs de chutes de 18 m
environ et ouvrent 57 km de voie navigables supplémentaires, sur un tronçon qui va de Seyssel (Haute Savoie) à Brégnier-Cordon, sur la rive droite du Rhône, dans l’Ain. A l’aval et à l’amont du canal de Savières, elles permettent par ce dernier un accès au Lac du Bourget. Au total, le Haut Rhône et le lac du Bourget permettent des croisières de trois ou quatre jours.

Les écluses de gabarit « Freyssinet » (40 m de long et 5,25 m de large) permettent le passage de bateaux de plaisance en toute sécurité grâce à un système d’exploitation en mode semi automatique commandé par lesplaisanciers eux-mêmes. Les manœuvres peuvent être effectuées par des animateurs en période estivale.

 

Un investissement de 39,5 millions d'euros
Les chantiers ont représenté un investissement de 39,5 millions d’euros.
Ils ont commencé en 2008 dans le cadre du premier plan de Missions d’Intérêt Général (MIG) de la Compagnie Nationale du Rhône (2004-2008) et se sont achevés en juin 2010 dans le cadre du 2e Plan MIG (2009-2013).
Le premier plan a mobilisé 125 millions d’euros, le deuxième plan est programmé à 160 millions d’euros.
La remise en navigabilité partielle du Haut-Rhône était souhaitée par les collectivités territoriales des quatre départements de l’Ain, de l’Isère, de Savoie et de Haute Savoie. La réouverture de la navigation, pour la plaisance devrait créer une nouvelle dynamique économique aux abords du fleuve. L’ouverture des écluses devrait permettre aux professionnels du tourisme de diversifier et de compléter l’offre dans la Vallée. L’offre des quatre départements est très concentrée sur la montagne et l’ouverture au tourisme de longues surfaces de cours d’eau permettra des activités nouvelles. Les 57 km navigables supplémentaires devraient engendrer un accroissement des bateaux à passagers pour la journée ou la demi-journée et développer un lien avec les activités naturelles et culturelles des bords de Rhône : l’accès à la Via Rhôna, au musée « Escale Haut Rhône » ( Brégnier Cordon) ou encore au futur port de plaisance de 120 anneaux prévu à l’été 2011 à l’intérieur du bassinintermédiaire entre les deux écluses de Belley.
Les associations de protection de l’environnement et de la nature étaient opposées à la remise en navigation du fleuve. Elles ont mis en garde contre les risques d’atteintes aux milieux renaturés depuis une dizaine d’années. Le Haut Rhône est riche d’iles, de lônes, de forêts alluviales qui représentent des habitats témoins des milieux naturels du fleuve. Ces espaces sont protégés par une réserve naturelle. La pratique de la plaisance et la navigation ( y compris en canoé, en kayak) n’y sont pas permises.

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