Beaujolais, vendanges amères, Michel Deprost
La crise connue depuis plusieurs années par le vignoble du Beaujolais s'est exprimée aussi dans l'environnement. C'est ce que rappelle le livre de Michel Deprost, qui évoque en même temps que l'histoire du vignoble, celle de la course à la productivité, donc aux dérèglements environnementaux. Dopée par une action commerciale de dimension mondiale, la viticulture beaujolaise dans les années cinquante et soixante, s'est lancée dans une course aux rendements, avec utilisation de plus en plus intensive des herbicides, pesticides, qui sont allés polluer durablement sols et cours d'eau, jusqu'à polluer la Saône. La suppression du couvert herbeux a favorisé l'érosion, la disparition des sols, comme la monoculture a réduit la diversité, la diversité microbiologique elle-même étant réduite par la sélection des levures en fonction de leurs performances. Les méfaits sur la santé ne sont pas à exclure, loin de là.
Confronté depuis quelques années à une baisse de la demande nationale et mondiale, le Beaujolais a dû se résoudre à une douloureuse restructuration qui voit des viticulteurs quitter la vigne. De nouvelles approches de la viticulture se développent, biodynamique, agriculture biologique, et l'enherbement progresse en même temps que la viticulture raisonnée. La baisse des rendements et l'amélioration de la qualité sont des solutions, mais le beaujolais n'est pas encore prêt pour une viticulture durable.
Beaujolais, vendanges amères, Michel Deprost, Editions Golias, 232 pages, en vente chez l'auteur 43 rue Rochon, 69270 Couzon au Mont d'Or, 04 78 22 35 12
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