Le Livre noir de la chasse, par Pierre Athanaze
La chasse " à la française" doit évoluer en renonçant à des habitudes, en acceptant davantage les positions des autres amateurs de nature, en réduisant son impact sur la faune, en rompant des liens avec le politique. C'est le message de Pierre Athanaze, défenseur des animaux sauvages dans un ouvrage sans concession mais rigoureux.
Ce n'est pas un pamphlet qu'a écrit Pierre Athanaze, Président de l'Association pour la Protection des Animaux Sauvages (ASPAS) « bête noire » des adversaires d’une certaine écologie dénoncée comme radicale, parmi lesquels pas mal de chasseurs. Pierre Athanaze, à aucun moment, ne dit son opposition radicale à toute chasse. Pierre Athanaze n'est pas « anti chasse », il ne demande pas la suppression de la chasse, mais simplement indique les innombrables changements que doit admettre la chasse " à la française". Le président de l'ASPAS ne prône pas un mode de chasse, ni ne vante les mérites de ce loisir qu'il ne pratique pas. Il suggère que d'autres chasses en Europe du Nord, en Allemagne, répondent mieux à l'environnement naturel et social actuel.
Pour lui, la chasse " à la française" doit rompre avec des habitudes qui plongent leurs racines dans une société rurale où la nature n'avait comme seuls « amateurs" que les chasseurs. Textes officiels à l'appui, avec des statistiques, avec des témoignages, des définitions précises Pierre Athanaze montre les excès de la chasse en France. Il omet quand même pour valider des comparaisons, de tenir compte de la population de la France, de l'étendue de son territoire et du grand nombre des espèces, mais les autres critiques sont ailleurs.
Baisse de la biodiversité
La chasse indiscutablement est une des causes de la baisse de la biodiversité animale et ne peut rejeter toute la responsabilité sur l'agriculture, l'urbanisation ou d'autres causes. Ella a contribué à faire dispaitre des espèces et maintient des pratiques artificielles (lâchers, agrainage). Une chasse plus sauvage serait plus aceptable.
De même, tous les chasseurs devraient prendre en compte la souffrance animale, et des chasses ou pratiques de vénerie cruelles devraient être supprimées. Le permis de chasser devrait être plus exigeant, de même que les normes de sécurité, même si des évolutions ont eu lieu. La question de la sécurité des non chasseurs et des chasseurs reste cruciale. Se pose donc le problème de l'instauration d'un jour de « non chasse » (le dimanche si possible) permettant à chacun de découvrir la nature en toute sécurité.
Pour arriver à tout cela il faudrait que le monde de la chasse coupe les liens avec le monde politique, et que des politiques de tous bords ( saus les élus écologistes) résistent aux excès du lobby de la chasse. Il faudrait que certaines organisations prennent leurs distances avec des producteurs de gibier d'élevage, pour qu'un loisir naturel ne soit pas trop commercial.
Le vieillissement de la population de chasseurs contribue à cette évolution, mais la chasse revendique encore, avec 1,2 million de pratiquants, l'image d'une pratique populaire. Une chasse différente plus encadrée pour mieux respecter la vie sauvage, serait plus élitiste. Plus discrète elle serait peut-être plus acceptée.
Le Livre noir de la Chasse, Pierre Athanaze, 280 pages, Editions du Sang de la Terre, 21 euros.
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