Il y a neige et neige

22.04.2011 - 09:55

La neige étant pour certains une industrie, elle est affaire de communication. Naguère, lorsqu'on ne parlait pas de réchauffement climatique, lorsque les glaciers ne fondaient pas, quand les hivers étaient rudes et longs, on ne parlait que de neige. Il n'y en qu'une neige.

Depuis que le climat vacille, les neiges d'antan deviennent des souvenirs. Aujourd'hui, la neige est même parfois produite par des "canons". Le terme canon étant assez peu correct, il est parfois abandonné. Mais on continue à parler de neige. En multipliant les contorsions linguistiques.

On a parlé ainsi de neige artificielle. Or, les deux termes ont paru antagonistes. Associer neige et artifice s'est révélé impossible. On a préféré parler de " neige de culture". La mot culture évoque une fabrication humaine. Il est empreint de noblesse, il ajoute une valeur, comme une pointe de terroir, une touche de tradition, de savoir-faire, et n'est pas sans évoquer même une dimension culturelle! A quand les appellations d'origine?

C'est évidemment beaucoup, car ce n'est qu'un artifice de communication: on ne parle jamais d'un autre processus chimique comme d'une production de culture.

Mais il est d'autres termes qui peuvent être utilisés. On peut ainsi évoquer l" optimisation de la gestion de l'enneigement". Là, il faut gratter quelques centimètres de langage technique pour comprendre. Nous avons même entendu parler d'une station de sport d'hiver mettant en avant une " neige fraiche". Ce n'est pas de la publicité mensongère. La neige produite dans la nuit, est plus fraiche que la neige tombée du ciel il y a deux semaines. A quand la fameuse DLC, date limite de consommation?

En fait, il faut regarder en face les réalités naturelles. Et les responsables touristiques doivent continuer à faire comprendre que la neige est bien un don de la nature et non pas un produit de la culture! Son caractère aléatoire lui confère son caractère magique! Il faudra s'adapter. Pas seulement parce que la neige artificielle est la cause d'une accidentologie plus lourde, mais aussi parce que la neige artificielle sera de plus en plus difficile à produire. Des hivers plus doux, une eau à économiser et une énergie plus chère nous contraindront à repenser que la neige, la vraie, tombe du ciel!

 

michel.deprost@enviscope.com

 

 

Retrouvez cet article dans les rubriques 
Tribunes libres
Edito
Blocage du prix de l’essence: un très mauvais signal

Le départ d’un quinquennat est le moment des symboles. Le mandat qui commence n’échappe pas à la règle, mais il est plein d’incertitudes sur  le plan de l’environnement et de l’énergie  jamais sérieusement évoqués pendant une campagne où la candidate verte n'a pu faire avancer la prise de conscience environnementale.

Communiqués
Les Grands groupes doivent respecter leurs filiales, selon Jean-Michel GIRMA

GDF Suez n'a pas été retenu pour  l’appel d’offres  du parc éolien des Deux Côtes situé au large de la Somme et de la Seine Maritime. Jean-Michel Germa, a ancien dirigeant de la Compagnie du Vent, écarté par GDF Suez de la société rachetée par le groupe énergétiques, estime qu'en ne laissant pas son autonomie stratégique à la société, GDF Suez a commis une erreur.

Vidéos
Hervé Dessimoz, architecte du refuge du Goûter : "Trouver une réponse esthétique aux multiples défis techniques."