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Migrations : la France reste en retard pour l’Aide Publique au Développement

Le drame des migrants fait de nouveau les titres des médias. Mais personne ne pointe la cause de bien des migrations, le non développement accentué par le changement climatique. Il y a une demi-siècle l’Organisation des Nations Unies avait préconisé que les pays développés consacrent 0,7% de leur  revenu national à cette aide publique. La France, très lentement arrive à 0,55%.

Lorsque le sage montre la Lune, l’idiot regarde le doigt.  Ce proverbe chinois, peut-être faux, s’applique souvent au traitement de l’actualité. Et d’une manière plus cruelle au traitement par une partie des ” politiques”, et une grande partie des médias, à ce qu’il est convenu d’appeler la ” crise migratoire”.

L’errance d’un bateau de migrants en Méditerranée ces derniers jours a permis de voir la sagesse du proverbe chinois. On a parlé du drame des migrations. Mais on n’a vu que le doigt pointé sur un bateau et  ses malheureux passagers. Puis on n’a entendu que l’interrogation du  pays qui accueillerait ces personnes. Puis on a vu la France et l’Italie se renvoyer la balle, l’Europe détournant le regard…

On a ensuite vu l’affaire prendre une tournure diplomatique, entre la France et l’Italie, entre le gouvernement de M. Macron et celui de la nouvelle présidente du Conseil italien, Giorgia Melloni.  Jusqu’à aboutir à une polémique franco-française prenant en étau un gouvernement sans majorité, coincé entre sa gauche et sa droite.

Un problème jamais posé

Le problème de l’immigration a-t-il été posé correctement?  Jamais. S’est-on demandé d’où venaient les migrants, les raisons de leur départ, les conditions de vie dans leur pays d’origine, les sacrifices y compris financiers consentis pour payer aux trafiquants d’être humains un voyage bien plus cher qu’un voyage en avion. A aucun moment n’a été posée la question radicale des causes des migrations, des causes du mal développement qui frappe une majorité de l’humanité, surtout en Afrique.

A aucun moment , n’a été rappelé le retard de la France en matière d’Aide Publique au Développement ( APD). Dès 1970, il y  a plus d’un demi-siècle, l’Assemblée générale des Nations unies recommandait à tous les pays développés de consacrer 0,70% de leur Revenu National Brut à l’Aide Publique au Développement. Cette injonction n’est pas suivie d’effet, note la Fondation Robert Schuman.

     Repartie à la hausse depuis 2015, l’aide française a dépassé pour la première fois la barre des 10 Md€ en 2017, pour
s’établir à 10,3 Md€ en 2018 (0,43 % du RNB), 10,9 Md€ en 2019 (0,44 % du RNB), 12,4 Md€ en 2020 (0,53 % du
RNB) puis atteindre 13,1 Md€ en 2021 (0,51 % du RNB), son plus haut niveau historique en montant absolu, puis 0,55% en 2022; L’objectif est d’atteindre 0,7% en 2025.

Avec un énorme retard, et en consacrant encore à l’urgence des sommes qui seraient plus utiles en amont. Comme en matière de climat, il y a une amélioration. Mais tout cela manque d’affichage, d’ambition forte, volontariste, cela manque de gravité malgré l’urgence.

michel.deprost@enviscope.com

 

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