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Des décharges de Phnom Penh à un métier, 12 000 enfants tirés de la misère par Pour un Sourire d’Enfant

Depuis 1996, l’association Pour un Sourire d’Enfant (PSE), a tiré de la plus grande décharge de la capitale du Cambodge, plus de 6000 enfants qui ont été réinsérés. Son action se poursuit en permanence pour 6000 autres filles et garçons. Marie-France des Pallières, qui a suivi dans cette incroyable aventure son mari Christian, aujourd’hui disparu, était à Lyon samedi, pour dédicacer le livre Pour un Sourire d’Enfant.

Marie-France des Pallières, Pour un Sourire d'Enfant
Marie-France des Pallières, Pour un Sourire d’Enfant. ©M.Deprost

Marie-France et Christian des Pallières n’avaient jamais formé un couple banal. L’envie de découvrir, d’explorer des sociétés, de faire des rencontres les a travaillés, poussés jusqu’en Asie avec leurs enfants, ainsi qu’au Maroc. Aventuriers, mais sans quête d’exploits ou de gloire, des aventuriers au grand cœur, mus par l’amour du prochain quel qu’il soit, où qu’il soit.

Au début de 1996, les prochains, ce sont les garçons et les fillettes qui vivent sur la plus grande décharge d’ordures de Phnom Penh, au Cambodge. Les enfants, à partir de deux ans, pataugent dans les détritus, la pluie, la boue, au milieu les moustiques et d’odeurs pestilentielles. Ils sont couvert de plaies, ne mangent pas à leur faim, manquent de soins. Le malheur est souvent celui de leurs familles, victimes de l’immense misère d’un pays marqué par la guerre et par le terrible génocide perpétré par les Khmers rouge. Des familles ravagées par la maladie, l’alcool, la drogue, la violence, celle des hommes sur leur épouse, sur leurs enfants. Des fillettes livrées à l’inceste, vendues pour tirer l’argent d’un loyer ou de quelques repas, livrées à la prostitution au Cambodge ou en Thaïlande.

Non à la misère

Christian des Pallières déjà engagé dans une action humanitaire à Phnom Penh et Marie-France qui l’a rejoint disent « non ! ». Ils ne peuvent admettre. Ils décident d’aider, quelques enfants, puis 10, 100, 1000, 12 000 : six mille déjà éduqués, formés, et autant qui sont actuellement pris en charge.

Pour un Sourire d’Enfant, le livre journal de Christian et Marie-France qui vient de paraitre, comme le film Les Pépites, sorti en 2016 , racontent l’incroyable chemin parcouru par ce couple hors normes. Pas à pas, mois après mois, avec la force que leur donne leur foi dans l’amour des autres, “Papy” Christian et “Mamie” Marie France construisent des abris, des maisons, des salles de classe, des cuisines, des internats, des ateliers pour abriter, protéger, nourrir et éduquer ces enfants.

Pour les former surtout. Sans bagage, sans compétences, pas d’issue libérant de la décharge, de la peur ou de la violence. Pour un Sourire d’Enfant, avec 10, puis 100, aujourd’hui 600 permanents à Phnom Penh, forme, donne un métier, délivre des diplômes, prépare à des apprentissages ou à l’Université. Les réussites sont là exprimées par des dizaines de témoignages.

Celui de Bora par exemple. À dix ans, sa mère meurt, son père boit, sa belle-mère la maltraite. Bora travaille, sur la montagne d’ordures, de 1 à 5 heures du matin, puis  de 7 heures du matin à 17 heures. A 14 ans, recueillie par PSE, elle rattrape des années de retard, pour suivre des études de tourisme à l’université et prendre la tête du magasin du Centre PSE. Des témoignages, il peut y en avoir 10, 100, 1000, 6000.

Et PSE n’en finit pas de progresser. Grâce aux soutiens mobilisés en France chaque année, par Christian et Marie France, et depuis 2017 par Marie-France et son équipe cambodgienne. Pendant des semaines, la tournée de Pour un Sourire d’Enfant sillonne la France, à la rencontre de 10, 100, 1000 parrains, et toujours davantage. Samedi Marie-France était à Lyon pour raconter, et convaincre.

Pour un Sourire d’Enfant, Marie France et Christian des Pallières, 470 pages, édition Albin Michel, 2021.

 

 

 

 

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