La stratégie nationale de Capture, Utilisation et Stockage du Carbone (CCUS) avance, comme l’a montré le premier comité de pilotage réuni en février à l’Isle d’Abeau, au siège de Vicat.
Le premier comité de pilotage national dédié au déploiement de la stratégie française de Capture, Utilisation et Stockage du Carbone (CCUS) s’est réuni au début de février au siège du groupe Vicat, à L’Isle-d’Abeau (Isère). Le comité réunissant acteurs industriels, élus locaux et représentants des administrations a dressé un point d’avancement sur les projets. Il a rappelé les enjeux de régulation, de financement et de prévention des risques. Le comité a vocation à devenir une instance régulière de dialogue et de suivi de la filière.
La stratégie nationale « État des lieux et perspectives de déploiement du CCUS en France » définie par la loi du 4 juillet 2024 est le premier document de référence structurant cette chaîne de valeur. Le déploiement du CCUS est un levier de dernier recours pour les émissions industrielles dites incompressibles. Il est indispensable pour permettre à l’industrie d’atteindre ses objectifs climatiques dès l’horizon 2030.
Depuis la publication de la stratégie, des avancées sont constatées. Pour le captage l’appel d’offres Grands Projets Industriels de Décarbonation (GPID) soutient, sur quinze ans, les investissements et coûts d’exploitation des projets des sites les plus émetteurs. Plusieurs projets CCUS figurent parmi les lauréats 2025 : Vicat (Isère), Heidelberg Materials (Deux-Sèvres), Holcim (Mayenne) et Aluminium Dunkerque (Nord).
Pour le secteur du transport un cadrage réglementaire des infrastructures de transport de CO₂ a été élaboré avec la Commission de régulation de l’énergie (CRE), pour garantir des principes d’accès transparents et non discriminatoires.
Au niveau de l’utilisation, les volumes de CO₂ capté pourront être valorisés pour la production de carburants de synthèse destinés aux secteurs aérien et maritime, contribuant au respect des obligations européennes d’incorporation
Pour le stockage enfin , la France a ratifié en juin 2025 l’amendement au Protocole de Londres autorisant le transport transfrontalier de CO₂ à des fins de stockage en mer. Elle a signé un accord bilatéral avec la Norvège. Un appel à projets AgiBAC sera lancé afin d’améliorer la connaissance du sous-sol national et de tester des injections de CO₂.
Pour Monique Barbut, ministre de la Transition Ecologique, de la Biodiversité et des Négociations Internationales sur le Climat et la Nature, « le CCUS est un pilier important de notre Stratégie Nationale Bas » Sébastien Martin, ministre délégué chargé de l’Industrie, a déclaré : « La décarbonation de notre industrie passe par des solutions concrètes et opérationnelles. Le CCUS est indispensable pour traiter les émissions incompressibles, et l’État est pleinement mobilisé pour structurer une filière robuste, innovante et souveraine. »


