Construction et aménagement

A 45 : la Région et le Pôle métropolitain fuient le débat

Le projet d’autoroute A 45 avance au coup par coup, sans vue d’ensemble de la part des collectivités territoriales incapables de se mettre autour de la table pour trouver des solutions. Cette demande parait une démarche évidente. Malgré la Déclaration d’Utilité publique de 2008,le projet d’autoroute A 45 continue fortement à diviser.

Le projet est au coeur de la relation entre deux composantes du pôle métropolitain Lyon-Saint-Etienne, lui-même plaque tournante de la Région Auvergne Rhône-Alpes. Le pôle métropolitain est au croisement de l’axe Nord-Sud du sillon rhodanien, et de l’axe Ouest-Est Clermont-Ferrand-Saint Etienne, Lyon-Grenoble.

L’enjeu est bien vital pour la bonne circulation des biens et des personnes en Auvergne-Rhône-Alpes, avec évidemment un enjeu national et européen.

Or, aucune collectivité ni groupement de collectivités ne s’est penché sur le dossier.

Le Pôle Métropolitain, qui réunit six intercommunalités ( Métropole de Lyon, Saint-Etienne Métropole, Pays Viennois, Capi, Est Lyonnais et Villefranche-Beaujolais-Saône) ne s’est jamais penché sur ce dossier central. Le pôle a donné la priorité aux dossiers consensuels voire marginaux. Le pôle, qui n’est pas une collectivité, aurait dû être le laboratoire, le lieu de réflexion pour des travaux stratégiques en la matière. Il aurait dû, depuis sa création, et en priorité, se saisir d’un dossier lancé clairement par l’État avec la Déclaration d’Utilité Publique de 2008. Il aurait dû se pencher sur un dossier délicat à l’époque, non seulement le dossier de l’A45, mais évidemment le dossier tout aussi délicat du système autoroutier du Pôle Métropolitain de Lyon, qui comprend le futur contournement est, impactant Communauté des Portes de l’Isère et Pays Viennois.

Le Pôle métropolitain aurait dû, d’une manière toute aussi évidente, travailler le dossier du Contournement ferroviaire de l’agglomération de Lyon ( CFAL) qui impacte aussi largement CAPI, Pays Viennois, et rive droite du Rhône.

Or sur ce sujet, on vient de voir le président de la Région, Laurent Wauquiez s’opposer au tracé proposé par l’Etat, d’un CFAL sud, arrivant à Sibelin et traversant le Rhône. Cette prise de position ne s’appuie sur aucune délibération de la collectivité, sur aucun projet de schéma régional.

La Région n’a jamais adopté de schéma régional autoroutier indiquant quelles pouvaient être ses orientations à l’Etat, qui a le dernier mot. De même en matière ferroviaire les annonces de la Région et de son président ne s’appuient sur aucun schéma.

Et la Région, investie par la loi NoTRE de la responsabilité de Schéma Régionaux , n’a pas davantage formellement consulté les intercommunalités concernées. Il n’existe d’ailleurs aucun schéma régional de Transport adopté par la Région digne ce ce nom, avec des cartes pour le ferroviaire, pour les autoroutes, pour les routes secondaires. Il n’existe que des orientations politiques.

La vraie décentralisation a encore du chemin à parcourir, d’autant que Laurent Wauquiez, au nom des économies, transforme la Région en guichet où les collectivités et autres solliciteurs de moyens financiers viendront frapper. Certes, les intercommunalités ont pris du poids, mais leur addition ne fait pas une politique d’aménagement du territoire d’une région comme Auvergne Rhône-Alpes.

michel.deprost@enviscope.com

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