Afrique Maghreb

Afrique, le retrait militaire doit céder la place à la coopération

Le retrait de la France du Sahel devrait s’accompagner d’actions de développement durable pour que les mouvements migratoires puissent être maîtrisés.

Michel Deprost

La France a annoncé qu’elle allait progressivement retirer ses troupes engagées dans l’opération Barkane, au Mali, au Burkina Faso, au Niger et au Tchad. Le but, on peut dire aussi le pari, est de passer le relais aux États locaux pour la lutte contre le terrorisme. Il faut s’assurer que la sécurité pourra bien être ramenée ou maintenue dans ces régions semi-désertiques jadis, pour l’essentiel, si paisibles.

Mais la logique impose de ne pas déserter le Sahel, région climatiquement et socialement plus fragile que les autres depuis des décennies. Il serait ainsi très regrettable de se limiter à un désinvestissement militaire et budgétaire. Chaque soldat sorti du champ de bataille pourrait être remplacé par un coopérant civil, public ou privé.

Un basculement vers un renforcement de la coopération française sur le terrain est nécessaire, dans les domaines essentiels que sont l’énergie, l’eau, l’agriculture, la formation, la santé, l’environnement, les déchets, le développement économique. Ce que nous cherchons à construire chez nous, des territoires résilients, doit aussi être construit en Afrique.

Les coopérations doivent s’organiser entre les États, mais elles doivent aussi exister à des niveaux décentralisés. Elles doivent être coordonnées comme d’autres politiques, au niveau régional, par les Régions, dans des optiques complémentaires d’aide et d’échanges économiques. Dans ce domaine, l’action d’Auvergne-Rhône-Alpes est plus que discrète, bien que la Région préside la très discrète Association internationale des Régions francophones.

Il faut aussi mettre en avant les coopérations décentralisées, animées par des communes, des associations, des établissements d’enseignement, etc. Les motivations, les compétences ne manquent pas pour ces actions.

Des actions infiniment plus productives, dans la durée, que les actions de sauvetage de migrants qui n’agissent pas sur les racines du mal.

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