Environnement

La solitude du Département du Rhône dans la lutte contre l’ambroisie

En 2008, le Département du Rhône a poursuivi l’action engagée depuis lus d’une dizaine d’années contre l’ambroisie. Environ 10 millions de plants ont été détruits sur près de 1,4 million de mètres carrés du domaine public par le Brigades vertes et des entreprises d’insertion. Tel Sisyphe qui remonte son rocher, le Département lance cet été sa saison 2009 de lutte contre l’envahissant végétal.


Le Département consacre en 2009 126 000 euros à la desruction de l’ambroisie en déployant un dispositif désormais bien rodé.Un numéro vert cofinancé par le Grand Lyon, le 0 800 877 021 peut être composé ( jusqu’au 25 septembre) par les habitants du département pour demander des plaquettes d’information, ou signaler la présence de la plante invasive afin d’obtenir une intervention. En 2008, le numéro ambroisie en service du 23 juin au 24 septembre a enregistré 573 appels soit une augmentation de 35% par rapport à 2007, soit 9 appels par jour. Les appels venaient à 85% du département du Rhône, et à 65% du Grand Lyon, le secteur le plus infesté. Pour 70% les appels provenaient de particulier s et 73% des personnes appelantes s’estimaient victimes d’allergie. Le Département du Rhône demande aussi aux communes de désigner deux référents ambroisie disponibles pendant la période critique pour veiller à l’efficacité de la lutte et répondre aux demandes des habitants.


Végétaliser


L’action des Brigades vertes a permis de maintenir une pression forte sur la plante avec une technique de traitement qui semble désormais au point. Le Département du Rhône a abandonné en 2005 le traitement chimique et les interventions reposent sur l’arrachage, le désherbage thermique.« La végétalisation est de plus en plus utilisée car l’ambroisie est une plante pionnière qui profite des espaces déserts pour prospérer” rappelle Jean-Luc Da Passano.


La meilleure manière d’empêche l’ambroisie de se développer consiste donc à l’arrêter par le semis d’autres végétaux plus précoces qui la privent de lumière. Le semis de trèfle, de luzerne, de gazon est une très bonne technique. Mais il est aussi possible de priver l’ambroisie de lumière en répandant un paillis (herbes séchées, tontes de gazon). La technique de lutte contre l’ambroisie sortie de terre est aussi au point. L’arrachage précoce, en juin ou juillet est conseillé, avec destruction des plants par compostage. Lorsque les surfaces sont importantes, et lorsque la plante a poussé, le fauchage s’impose, en août, avant l’envol des premiers de grains de pollen. Une deuxième fauche doit intervenir en septembre, avant la production des graines, issues de la fécondation par le pollen.


Pas d’éradication


Ces techniques éprouvées ne permettent pas d’éradiquer la plante, et elles permettent d’autant moins un progrès général que le Département du Rhône est assez seul dans son action de lutte contre. Jean-Luc Da Passano regrette l’engagement insuffisant du Grand Lyon (hormis le financement du téléphone). La Région ne traite pas le dossier, bien qu’on puisse considérer le problème comme ayant une envergure régionale, et bien que l’ambroisie constitue un risque contre lequel une action de prévention est souhaitable.


L’Etat a commencé à s’emparer du dossier en organisant via la DRAS Rhône-Alpes un colloque international. Mais l’Europe est aux abonnés absents alors que le problème prend une dimension européenne. Il faut dire qu’on ouvre le dossier « ambroisie » seulement lorsque les problèmes sont arrivés. La lutte contre l’ambroisie souffre donc toujours d’un manque de coordination qui se reflète dans la multiplicité des approches, la multiplication des documents, de sites internet qu’on se met enfin à harmoniser. De quoi laisser l’ambroisie prendre quelques longueurs d’avance.


michel.deprost@enviscope.com








www.rhone.fr/ambroisie

VOIR AUSSI