Apiculture : Biodiversité pour les Abeilles note une amélioration

Après une succession d’années noires pour l’apiculture,les premiers indicateurs de production 2018 sont au vert selon le Réseau biodiversité pour les abeilles. Pour le réseau, la première cause des difficultés réside dans le recul de la diversité florale qui peut être endigué.
Le secteur apicole traverse une crise depuis plus de 20 ans, rappelle le Réseau. Cette évolution a plusieurs explications,  une diminution du nombre d’apiculteurs expérimentés et un vieillissement de cette  population d’amateurs alors que l’apiculture est devenue plus  technique .  Le nombre de ruches et d’abeilles reste néanmoins à peu près stable grâce aux exploitations professionnelles. Ces  constats sont ceux de l’Europe.

Les raisons de la crise sont multiples, rappelle le Réseau Biodiversité pour les Abeilles : perte de biodiversité, mauvaises conditions hivernales récurrentes, enjeux sanitaires et pollution. «L’arrivée du Varroa aux début des années 80 a été un tournant majeur. La faiblesse de l’innovation scientifique et technique et le manque de volonté politique pour mettre en place des programmes de lutte collective ont conduit à un désastre sanitaire. A cela s’ajoute depuis trop longtemps une ressource alimentaire insuffisante »déplore Philippe Lecompte, apiculteur bio professionnel en Champagne et Président du Réseau Biodiversité pour les Abeilles.
Sans fleurs, pas de pollen et pas de nectar rappelle l’association. Or le pollen est aussi indispensable aux défenses immunitaire des abeilles et le nectar étant la base de la production de miel.
Les agriculteurs lorsqu’ils produisent des cultures mellifères ( colza et le tournesol, luzerne et lavande, sarrazin) sont les nourrisseurs des abeilles.
Or en ce printemps, Philippe Lecompte, comme d’autres apiculteurs champenois, vient d’enregistrer des productions de miel de plus de 15 kg grâce au colza ces 8 derniers jours .
Au cœur de la Champagne crayeuse, malgré l’utilisation de pesticides, les abeilles se portent bien.  « On ne parle pas assez de la bonne entente entre apiculteurs et agriculteurs. C’est pourtant ce qui est vécu dans de très nombreuses situations» souligne Jean Fedon, apiculteur en Limousin depuis 1960.
Apiculteur en Champagne, Jean Luc Ferté dénonce «l’imposture intellectuelle qui consiste à accuser les produits phytosanitaires en bloc. On n’a pas la moindre donnée sur la part qui revient en propre au fameux nuage de pollution diffuse dont on peut légitimement douter de l’importance,en raison de son caractère hyper dilué
Les agriculteurs doivent revanche continuer à bénéficier d’outils pour produire des cultures pollinifères et nectarifères
La mobilisation du monde agricole pour les abeilles sera au cœur de la 7e édition de la Semaine Européenne des Abeilles et de la Pollinisation  à Bruxelles du 26 au 28 juin 2018. Co-fondé par le Réseau Biodiversité pour les Abeilles, cet événement réunit le Parlement européen, la Commission européenne, l’Université de Liège,les agences des Nations Unies et l’ensemble des parties prenantes comme Bee Odiversity ou l’EBPA (association européenne des apiculteurs professionnels) .Sous l’impulsion de la Bee Week, la PAC (Politique Agricole Commune) vient de prendre en compte les besoins de l’apiculture grâce à une mesure incitative en faveur des jachères apicoles. Au lieu de laisser une parcelle en jachère, les agriculteurs sèment des mélanges de fleurs sélectionnées pour leur richesse en pollen et en nectar. De tels aménagements sont efficaces puisque leur présence sur moins de 0,5% de la zone de butinage des abeilles assure en moyenne les deux tiers de l’alimentation en
pollen des colonies.

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