Environnement

Chalets-hôtel du col de la Croix Fry: l’authenticité renouvelée

Un siècle. Le chalet du Col de la Croix Fry a prospéré pendant un siècle comme un arbre. On dirait qu’il a pris racine sur ce versant de la montagne de MANIGOD tourné vers le soleil, face aux sommets à la chaine des Aravis. Il s’est agrandi lentement, ajoutant le bois au bois, vivant, se renouvelant, s’adaptant, prenant ses aises, sans agresser jamais le paysage et en donnant une leçon d’architecture durable et adaptable.Une ambiance chaleureuse et traditionnelle
Quatre générations de femmes (et d’hommes) ont bâti, façonné, inventé, créé l’établissement de la Croix Fry. En 2009, Isabelle GUELPA VEYRAT a pris la suite de Marie-Ange, sa mère, qui avait donné à l’hôtel son aspect actuel.
« Mon arrière grand’mère, née à MANIGOD, a pris à 12 ans le train pour aller travailler à Paris dans une famille bourgeoise. Elle y a appris la cuisine et les bonnes manières. De retour à MANIGOD, elle a épousé un maquignon du village et s’est lancée dans la restauration. C’est à cette époque, dans les années vingt et trente que le tourisme s’est développé dans les Aravis, avec un premier hôtel à Clusaz.” explique Isabelle Guelpa-Veyrat.

Produits locaux
Alors que son époux construisait des chalets, l’arrière grand-mère d’Isabelle préparait pour les touristes des plats simples mais délicieux, confectionnés avec de la viande locale, des légumes du jardin, du lait produit sur place, des champignons des forêts voisines. Une route a amené des touristes plus nombreux et pendant la deuxième guerre mondiale, une clientèle en quête de repos, de plein air et de nourriture saine.
La grand-mère d’Isabelle a développé l’affaire. Le chalet conservé pour les hôtes, les vaches ont été installées dans une nouvelle étable. Les traditions sont restées : cuisine simple, authentique, naturelle, écologique avant l’heure.
Années cinquante, Trente Glorieuses : la maison Veyrat a prospéré. La mère d’Isabelle GUELPA a pris les rênes en 1981, déjà rompue au métier et à la gestion. Et convaincue de la nécessité de tenir le cap en accentuant la personnalité du lieu. « Les gens échangeaient leurs meubles contre des tables ou des buffets de formica, ma mère a réuni d’innombrables objets du patrimoine local qui disparaissaient et qui sont ici.” explique Isabelle Guelpa.
Marie-Ange VEYRAT avait compris les risques d’une croissance touristique à tout prix, mis en garde quand le maire de MANIGOD a rêvé d’immeubles construits en nombre par des promoteurs. La vallée est restée assez authentique. L’hôtel s’est enraciné dans la tradition. Marie-Ange, disparue en 2009, a amassé des objets, meubles, armoires, poteries, cloches, fers à repasser. La famille a aussi collecté des quantités de vieux bois utilisés pour aménager, étendre, développer la maison. « Il a fallu une quantité de bois considérable pour agrandir l’hôtel » explique Eric, le frère d’Isabelle, qui partage son temps entre la cuisine et les aménagements.
Il y a quelques années, l’hôtel du col de la Croix Fry est venu un établissement de luxe, avec chambres confortables et chalets dispersés sur la pente. On pense ici au confort chaleureux des auberges et des hôtels d’Allemagne ou d’Autriche , où la chaleur s’allie à la simplicité .L’accueil est attentionné, l’ambiance douce, l’équipe d’Isabelle GUELPA disponible et proche. L’hôtel de la Croix Fry illustre parfaitement une tendance actuelle dans la décoration, mais son histoire donne au chalet une authenticité qu’on n’oublie pas.

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