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Comment le parfum nait dans les roses

Des chercheurs de l’Université de Saint-Etienne, de l’INRA, de l’Ecole Normale Supérieure de Lyon, de l’Université de Lyon et de l’Université de Strasbourg, ont découvert comment les roses produisent leur parfum. Publiés dans Science le 3 juillet 2015, ces résultats ouvrent des perspectives notamment pour la sélection de rosiers odorants.
 
Entre les variétés naturelles, mais surtout les variétés crées par les obtenteurs, par hybridation  depuis deux siècles environ, il existe  plus de 30 000 variétés de roses. Ces roses ont été créées en combinant les gènes d’un énorme patrimoine accumulé et transformé par l’espèce depuis des millions d’années.
Il existe autant de parfums que de variétés de roses. Il en existe peut-être que nos nez ne sentent pas. Des roses produisent des parfums, d’autres pas. Le charme supplémentaire de la fleur est sublimé par le parfum, mais il est secret.

Des centaines de molécules

 Chaque parfum est composé de centaines de molécules odorantes qui viennent frapper nos narines. L’odeur typique de rose est attribuée principalement aux molécules de la famille des monoterpènes en particulier le géraniol, explique Mohammed Bendahmane, de l’Unité Reproduction et Développement des Plantes ( ENS Lyon-INRA)
Jusqu’à présent, on pensait qu’il n’existait qu’une seule voie de biosynthèse des monoterpènes,faisant intervenir des enzymes de la famille des terpènes synthases. Une nouvelle voie  qui fait intervenir l’enzyme nudix hydrolase (RhNUDX1) a été identifiée. Les chercheurs ont montré que les roses non parfumées n’expriment pas le gène RhNUDX.
Ce type d’enzymes nudix hydrolase connu chez tous les êtres vivants n’avait encore jamais été associé au parfum. Chez Arabidopsis , une nudix hydrolase similaire intervient dans l’élimination des produits toxiques de la cellule lors d’un stress oxydatif, évitant des dommages génétiques.
Ces résultats devraient permettre de comprendre l’origine du parfum de la rose et en particulier de savoir si la fonction spécifique de RhNUDX1 est apparue au cours de la domestication de la plante ou avant au cours de l’évolution.
La découverte permet d’envisager la possibilité d’utiliser ce gène comme marqueur durant la sélection afin de pouvoir créer des variétés parfumées. “Ces connaissances permettent d’envisager des améliorations en dehors de la transgenèse”, souligne Mohamed Bendahmane.




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