Contre varroa, ennemi numéro un des abeilles, la lutte est urgente

L’acarien est reconnu à présent comme l’ennemi numéro un des abeilles en France et en Auvergne Rhône-Alpes. Les apiculteurs du Groupement de défense sanitaire du Rhône montrent l’engagement des professionnels et des amateurs contre ce parasite.

Varroa destructor est indiscutablement l’ennemi numéro un des colonies d’abeilles. Les difficultés sanitaires des insectes pollinisateurs peuvent avoir d’autres causes, la réduction de la biodiversité qui appauvrit la nourriture, des intoxications, des effets de certaines molécules. La première cause indiscutée des périls qui menacent l’abeille est bien l’acarien importé par les apiculteurs eux-mêmes il y a quarante ans en même temps que des reines d’abeilles asiatiques Apis Ceranae.

Pendant des années des apiculteurs ont nié les méfaits de varroa préférant incriminer seulement des phytosanitaires. Ils ont même, et certains continuent, utilisé contre le parasite des mixtures de leur préparation. Aujourd’hui l’évidence est là, il faut lutter contre Varroa.

Pour cela la filière apicole s’est organisée dans le cadre d’un Plan national. Une organisation vétérinaire régionale ( OVS) est en place. Premilla Constantin, de l’OVS, vétérinaire en charge de la lutte contre Varroa, a rappel l’urgence d’une action collective, lors de l’assemblée générale de la section apicole du Groupement de Défense Sanitaire du Rhône.

Traiter rigoureusement

Les apiculteurs doivent traiter l’acarien en recourant à des méthodes éprouvées et autorisées. Le  “bricolage”avec des substances inefficaces ou dangereuses pour les abeilles doit être proscrit, mais trop d’apiculteurs sont encore négligents. Toute une panoplie de molécules est proposée par des laboratoires pour des traitements délivrés par des vétérinaires. Les apiculteurs bio doivent recourir eux aussi à des molécules autorisées.

La lutte contre Varroa suppose aussi des méthodes rigoureuses pour intervenir au bon moment lorsque le couvain (les larves) ne sont pas encore protégées par la fermeture des alvéoles. Les apiculteurs doivent compter les populations de varroa pour déclencher leur traitement juste à temps. Les résultats des traitements doivent être aussi comptabilisés. Les informations doivent être remontées pour avoir un suivi collectif qui permet une évaluation utile pour la recherche. Les résistances de varroa à des molécules doivent être anticipées. Des méthodes alternatives doivent être expérimentées. Le pragmatisme prévaut, mais il suppose une action collective organisée.

Une nouvelle étape va être franchie pour élargi l’action collective en Auvergne Rhône-Alpes. Un programme collaboratif de suivi de l’invasion de Varroa destructor est lancé. Il permettra  à des apiculteurs volontaires de mettre en place leur action de dépistage avec le soutien des techniciens. Un autre programme, participatif, permettra à tous les apiculteurs volontaires à réaliser eux-mêmes leurs traitements.

Le but est bien qu’un plus grand nombre d’apiculteurs se joigne au mouvement. Un défi. L’apiculture est encore marquée par un fort individualisme. Moins de la moitié des apiculteurs seulement déclarent leur ruche, une démarche qui est pourtant obligatoire.

michel.deprost@enviscope.com

 

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