Construction et aménagement

Grenoble Alpes Métropole : avis très favorable de la consultation publique à Métrocâble

Même s’il y a des interrogations et des réserves, la population de la métropole grenobloise consultée par la Métro a dit très majoritairement oui au projet de transport par câble, qui enjambera la vallée de l’Isère et du Drac entre Fontaine et Saint-Martin-le-Vinoux.

Il y a deux ans, le projet de téléphérique entre Fontaine et Lans-en-Vercors avait été retoqué par les habitants du plateau, qui le jugeaient inutile et dispendieux.

Il était donc très important pour les élus de la nouvelle métropole de passer par une étape préalable de concertation avec le public. Il semble que l’examen de passage soit réussi.

Quelque 800 personnes ont participé entre octobre et novembre 2015 aux différents ateliers, réunions et dispositifs leur permettant d’être informées et d’émettre un avis sur le projet[1].

Quel est ce projet ?

Il s’agit de relier par un transport par câble le secteur de La Poya, terminus de la ligne A du tramway à Fontaine avec la commune de Saint-Martin-le-Vinoux. Un parcours de 15 à 16 minutes selon les hypothèses, qui reliera les deux côtés de la vallée de l’Isère et du Drac.

Les obstacles naturels et artificiels que constituent les deux rivières Drac et Isère, les deux autoroutes A480 et RN481, et une voie ferrée désignent logiquement le recours à une liaison aérienne par câble.

Le but est d’améliorer la liaison transversale, avec un moyen de transport respectueux de l’environnement (zéro émission), silencieux, et qui plus est ayant une très faible emprise au sol.

Evidemment l’articulation de la nouvelle ligne doit se faire avec le réseau actuel de transport en commun, avec un même titre de transport, mais également desservir et conforter les différentes opérations d’aménagement en cours dans le secteur (Presqu’Île, Parc d’Oxford, Esplanade et Portes du Vercors).

En Conseil métropolitain, le 29 janvier dernier, a été adoptée la résolution rappelant la synthèse du projet, permettant de poursuivre les études, en prenant en compte les avis des citoyens.

Un projet prioritaire ?

Parmi les réticences outre des remarques sur le côté esthétique, c’est principalement le fait de savoir si cet investissement était prioritaire parmi tous ceux qui sont nécessaires dans l’agglomération, l’aménagement du Rondeau par exemple.

Sur ce point, Christophe Ferrari , président de la Métro, insiste sur ce qu’il appelle « la frugalité » en matière d’investissement et le temps nécessairement long, qu’il y a entre le projet et sa mise en service (7 à 10 ans). Yann Mongaburu, président du SMTC et vice-président de la Métro, complète en indiquant que l‘ensemble des investissements doit être repris dans le futur plan de déplacements de l’agglomération grenobloise.

Une réunion de restitution sur la concertation du projet Métrocâble, ouverte au public, est prévue le 4 février au CRDP à Grenoble.

antoine.reboul@enviscope.com

Les caractéristiques du projet

  • Le tracé proposé comporte 4 à 6 stations sur environ 3,7 km.
  • Le temps de parcours total varie entre 15 et 16 min selon les scénarios 13 min entre tram A et B et 2 min 30 sec entre tram B et E), avec une vitesse moyenne de 14 km/h.
  • Après une étude comparative des différents systèmes de transport par câble, c’est le mode dit « télécabine monocâble débrayable » qui est proposé. Moins coûteux, il permet d’embarquer les passagers sans ralentir la ligne. Il facilite aussi la maintenance.
  • Le système est conçu pour pouvoir transporter, à terme, 1 500 passagers par heure dans chaque sens avec une fréquence de passage des cabines toutes les 24 sec (contre 60 sec à la mise en service).
  • La fréquentation de l’infrastructure en 2021 est estimée à 5 000 voyageurs par jour à la mise en service et 8 500 voyageurs à plus long terme, lorsque les projets urbains qu’elle dessert auront été réalisés (horizon 2030).
  • Le budget d’investissement prévisionnel du projet est estimé entre 54 et 60 millions d’euros.
  • La ligne de transport par câble sera accessible avec un ticket de transport urbain du réseau métropolitain.
  • La mise en service est prévue en 2021/2022.

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[1] 3 ateliers publics à Grenoble, Fontaine et Saint-Martin-le-Vinoux entre le 14 octobre et le 4 novembre, qui eux seuls ont recueillis la participation de 350 personnes ; une réunion des partenaires de la Presqu’île ; des registres d’expression public en ligne et en mairie ; un système de data visualisation permettant de simuler les scenarii possibles avec leur impact environnemental et budgétaire.

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