Construction et aménagement

Rénovation du bâti : Le président de la FFB dans le concret du financement

Jacques Chanut, chef d’entreprise de Bourgoin-Jallieu (38) et nouveau président de la Fédération Française du Bâtiment (FFB), ressort déterminé à faire appliquer les mesures annoncées lors de la conférence bancaire et financière, qu’organisait ce lundi 23 juin la ministre de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie.

Une seule réunion n’a pas réussi à lever toutes les incertitudes qui pèsent sur une transition énergétique aux objectifs ambitieux, mais aux moyens encore à construire. Depuis les annonces faites par Ségolène Royal le 18 juin dernier, il n’était pas inutile de préciser les choses quant au financement de cette transition, aux aides qui seront finalement accordées tant aux particuliers, qu’aux entreprises et collectivités.

Des accompagnements indispensables

« Nous avons apprécié la reconduction du CIDD (crédit d’impôt développement durable), qui passera aux taux unique de 30% à compter du 1er septembre. La capacité d’investissement des Français n’est pas extensible » reconnait Jacques Chanut. Bon point également, pour la mise en place du fonds de garantie, qui doit permettre aux banques d’attribuer des prêts pour la rénovation à des conditions moins coûteuses ou pour des catégories d’emprunteurs comme, par exemple, les copropriétés.

Tout n’est pas débloqué pour autant. Sur ces copropriétés, gros morceaux de ce marché de la rénovation que la FFB évalue au global à 14 Md€, Jacques Chanut estime qu’il y a encore du chemin à parcourir et « qu’il faut faire évoluer des modes de décision, qui prévoient l’unanimité des copropriétaires pour décider de travaux ».

Lors de la conférence, il a rappelé les attentes du secteur en matière de financement, insistant tout particulièrement sur l’éco-prêt à taux zéro, afin qu’il soit vraiment le « vaisseau amiral de la rénovation énergétique ». De plus, il a préconisé d’une manière plus générale, la nécessité d’un séquencement des travaux et donc des aides, pour tenir compte, une fois encore, de la réalité des capacités financières des ménages.

Un marché de la rénovation énergétique en création

Le président de la FFB évoque un marché de la rénovation énergétique qui ne serait pas encore mature. « Il faut, dit-il, faire une démarche volontaire pour se lancer dans des travaux, le retour sur investissement n’étant pas évident, il y a nécessité d’accompagner le marché. »

De même à la question, « serez-vous prêts au moment où l’éco-conditionnalité des aides[1] s’appliquera ? », il répond qu’il faut là-aussi que le marché existe pour que les entreprises se mobilisent plus massivement sur la formation. « Le décalage de l’échéance de 3 mois en 3 mois ne nous a pas facilité la tâche. C’est pour cela que nous avons insisté pour le maintien au 1er septembre. » Il affirme, cela étant, que les efforts de formation pour l’obtention du label RGE ont été multipliés par 3 depuis le début de l’année et que la profession sera prête à passer à l’action. « Ce qui est important, ajoute-il, c’est de bien faire les diagnostics et de veiller à la maîtrise des coûts. »

Calendrier chargé

Jacques Chanut insiste enfin sur le cadencement des prochaines étapes. La FFB participera aux groupes de travail, qui ont été proposés par la ministre pour concrétiser les mesures élaborées lundi. Deux échéances ont été prévues, le 21 juillet pour que les conclusions des groupes de travail accompagnent l’examen du projet de loi en conseil des ministres (fin juillet) ; le 15 septembre pour les sujets portant sur des questions plus complexes.

« Il faut ensuite que les textes sortent. Nous avons besoin des décrets d’application, qui avant doivent passer devant le Conseil d’Etat » explique-t-il. Cela fait beaucoup d’ici septembre.

antoine.reboul@enviscope.com



[1] Prévu au 1er juillet 2014, puis repoussé au 1er septembre, l’accord des aides financières pour les travaux de rénovation énergétique sera conditionné à la réalisation du chantier par des entreprises et artisans certifiés par le label RGE (Reconnu Garant de l’Environnement). L’obtention de ce label nécessite une formation des entreprises et de leurs personnels. Elles sont encore trop peu nombreuses à avoir suivi cette formation, laissant penser certains que la profession ne serait pas prête au moment du passage à l’éco-conditionnalité des prêts

 

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