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La transition énergétique fait débat au troisième Forum de l’Energie de Grenoble Ecole de Management

Pour la troisième année consécutive Grenoble Ecole de Management, à l’occasion d’une journée consacrée à l’Energie et plus précisément sur la façon dont on la produit, on la finance et on l’économise, réunissait ce mardi 24 mars les acteurs du domaine.

M. Mehdi MOUSSAVI – Président Areva Stockage d’énergie M. François VAN PRAAGH – VP Stratégie & Marketing Orange, en charge du programme Smart Networks M. Frédéric CHALMIN – Directeur Général de Kem One M. Vincent MINIER – Directeur de la Stratégie de Schneider Electric France M. François HABÈGRE – Directeur France de Dalkia M. Olivier CATEURA, Délégué Europe & Développement, Chargé de Mission Innovation, Tenerrdis
Pour débattre des modalités de la transition énergétique, de gauche  droite, Mehdi Moussavi, président d’Areva Stockage d’énergie ; François Van Praagh, VP Stratégie & Marketing d’Orange, en charge du programme Smart Networks ; Frédéric Chalmin, directeur général de Kem One ; Vincent Minier, directeur de la Stratégie de Schneider Electric France ; François Habègre, directeur France de Dalkia et Olivier Cateura, délégué Europe & Développement, chargé de Mission Innovation, Tenerrdis [Photo Dalkia]

En prélude du forum proprement dit, qui posait la question de la mise œuvre du changement : « L’énergie demain, transition énergétique ou explosion du système ? », deux ateliers proposaient des outils innovants et abordaient les questions de l’acceptation sociétale de la transition énergétique, ainsi que de son financement.

Sur ce dernier point, en effet, les actions de tiers financeurs, dans des opérations de rénovation de l’habitat par exemple, ou de promotion de nouvelles solutions de production locale d’énergie par le fonds d’investissement régional Oser apparaissent comme déterminantes pour entrer concrètement dans la transition énergétique.

Car c’est une vraie difficulté d’entrer dans la réalité de la transition énergétique. Certes la loi a bien été votée par les députés à l’automne dernier, même si elle a été quelque peu rognée par les sénateurs, qui viennent de rendre leur copie. Elle devrait en tout cas confirmer un certain nombre d’options réglementaires propres à favoriser la mise en œuvre de la transition. C’est ce que considèrent les dirigeants de Dalkia, co-organisateurs du Forum aux côtés de GEM et du pôle de compétitivité Tenerrdis.

Le doublement du fond chaleur, est par exemple une bonne chose pour cet énergéticien, qui déplore que le discours soit polarisé par l’électricité, alors que d’autres solutions sont à développer, notamment dans les métiers qui sont les siens : l’installation de réseaux de chaleur (par exemple proche de chez nous celui de Voreppe et Coublevie) ou d’efficacité énergétique dans le bâtiment.

Aller vers un système plus décentralisé

Pour lancer le débat, une intervention vidéo de Corinne Lepage, ancienne ministre de l’Environnement et présidente de LRC-Cap21, avait le mérite de poser l’état des lieux. Reprenant ses propos, Olivier Cateura, avec sa nouvelle casquette de chargé de mission Innovation à Tenerrdis, explique qu’il faut aller vers un vrai changement de paradigme, la décentralisation des réseaux, le développement des EnR et corollairement du stockage.

Il y a des arbitrages à faire en termes de coûts, sur la maintenance de réseaux très centralisés et des équipements tels que les centrales nucléaires.

Evidemment ce point fait réagir les industriels, pour qui démonter une centrale nucléaire prend du temps. Les Allemands, qui ont fait ce choix-là, n’arrivent pas encore malgré le développement très actif des EnR à se passer des énergies traditionnelles. Pire encore, ils mettent en route de nouvelles centrales à charbon ou lignite, accroissant ainsi la génération de gaz à effet de serre.

C’est vrai, mais la difficulté pour eux était de remplir deux objectifs à la fois : arrêter le nucléaire et réaliser leur « Energiewende », la transition énergétique allemande. Le passage par des énergies conventionnelles, n’est peut-être qu’une transition en attendant de mieux maîtriser l’intermittence des énergies nouvelles.

En France, nous ne sommes peut-être pas contraints à ces choix, mais sur le modèle allemand aller vers de nouveaux acteurs locaux, en développant les EnR et le stockage.

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