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Le gazoduc Eridan bénéficiera-t-il lui aussi d’un référendum local ?

Le projet de gazoduc Eridan, entre les Bouches-du-Rhône et la Drôme, devrait-il faire l’objet à l’instar de l’aéroport Notre-Dame des Landes d’une consultation locale sous forme de référendum ? C’est en tout cas ce que préconise la députée européenne Verts/ALE Michèle Rivasi, qui juge ce grand projet « écologiquement irresponsable, inutile et dangereux ».

Le projet Eridan, porté par GRTGaz, d’un coût prévisionnel de 600 M€ consiste à construire une nouvelle canalisation de transport de gaz naturel de 220 km entre Saint-Martin-de-Crau (Bouches-du-Rhône) et Saint-Avit dans le Nord Drôme. Selon le porteur du projet, il vise à sécuriser les approvisionnements et fluidifier les échanges de gaz naturel tant en France qu’en Europe, sur l’axe Sud-Nord. Une trop grande dépendance des approvisionnements en provenance de l’Europe du Nord et de la Russie serait ainsi allégée.

Eridan a été autorisé par arrêté ministériel le 5 janvier 2015 et les travaux devraient démarrer en 2017, pour une mise en servic trois ans plus tard.

Enterré à plus d’un mètre de profondeur l’ouvrage défigure peu le paysage, bien que certaines espèces végétales ne puissent plus être cultivées (arbres à haute futaie).

Si la sécurité est bien maitrisée par les gestionnaires de réseau, en revanche la proximité d’installations présentant elles-même un risque (centrales nucléaires, industrie chimique,…) ou la présence d’établissements recevant du public (ERP), complique sérieusement la tâche du maître d’ouvrage, voire rend le projet dangereux.

C’est la position de Michèle Rivasi, députée européenne et élue de la Drôme, ainsi que de ses collègues des départements voisins traversés par l’infrastructure : « Face à l’urgence climatique il convient de cesser dès aujourd’hui tout investissement dans des projets d’exploitation d’hydrocarbures. Rappelons que le gaz naturel est responsable de 20% des émissions de gaz à effet de serre du secteur énergétique et qu’outre du CO2, il émet également du méthane, très nocif pour l’environnement et le climat ».

Les écologistes sont manifestement en net désaccord avec la Commission Européenne, qui a annoncé le 16 février dernier sa volonté de renforcer la sécurité énergétique de l’Union et de réduire sa vulnérabilité face au gaz russe. Pour les écologistes, c’est une vision passéiste privilégiant le gaz aux énergies renouvelables.

Ils ajoutent que « le projet Eridan impacte un écosystème singulier (la dernière steppe d’Europe) : la Crau, ses exploitations agricoles et ses foins d’exception. Enfin, ce projet pose des problèmes de sûreté sur les installations nucléaires EDF et Areva du Tricastin. En effet, le gazoduc doit passer sous le canal de Donzère-Mondragon, qui permet le refroidissement du réacteur. »

La CRIIRAD, organe de recherche et d’information indépendant sur la radioactivité, fondé par la même Michèle Rivasi « estime le danger réel ».

Un référendum sur le gazoduc Eridan

EELV demande donc « la tenue d’un referendum local, pour que les populations des 59 communes impactées par le projet puissent se faire entendre ».

Pour celles-ci, bien éloignées des considérations stratégiques de la Commission Européenne, il ne pourrait y avoir, à quelques indemnisations près, des agriculteurs notamment, que des désagréments à accepter l’installation d’un tel ouvrage.

Le gaz continue à inquiéter, car il peut exploser et comme il s’agit d’une canalisation de transport (sans possibilité de piquage pour faire de la distribution locale) les riverains d’un tel ouvrage peuvent comme c’est souvent le cas dans de tels projets d’intérêt général dire « oui, mais pas dans mon jardin ». Nimby, Not in my back yard, disent aussi les anglo-saxons.

A noter que le tronçon Arc Lyonnais, qui devait relier plus au nord la Drôme à l’Ain à travers le Nord-Isère, a été différé par GRTGaz, posant ainsi la continuité du renforcement de cet axe sud-nord voulu par les promoteurs.

Par ailleurs le gaz naturel, dont les émissions de GES sont 25 à 40 fois moindre que celles du charbon et du pétrole pourrait être utilisé comme combustible « de transition », en attendant la montée en puissance des EnR et sous réserve que soient détruites, en proportion de sa montée en charge, toutes les centrales à charbon qu’il viendrait ainsi remplacer. En sommes-nous là ?

antoine.reboul@enviscope.com

 

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