Bioéconomie

Des insecticides « bios » ne sont pas toujours les plus positifs pour l’environnement

Les pesticides utilisés agriculture biologiques ne sont pas toujours les plus intéressants pour l’environnement selon une étude récemment publiée dans PloS one, une revue internationale de biologie.

Deux produits de synthèse pour le contrôle des pucerons, ont été estimé moins négatifs pour les espèces non cibles et plus efficaces que les deux pesticides biologiques testés dans l’étude. L’étude a cherché à cerner les risques potentiels dans l’usage de six insecticides utilisés au Canada pour combattre les pucerons du soja, un ravageur qui affecte gravement les cultures commerciales. Deux insecticides synthétiques autorisés (cyhalothrin-? et dimethoate) ont été utilisés comme traitement contrôle, et deux insecticides (spirotetramat et flonicamid) et deux insecticides biologique ( huile minérale et Beauveria bassiana, un champignon qui tue les aphides) ont été testés. Les chercheurs ont étudié l’ impact environnemental en mesurant la manière dont ces insecticides affecte les organismes non cibles, y compris les insectes qui contrôlent naturellement les aphides.
Les larves et les adultes d’une coccinelle (Harmonia axyridis) et les punaises adultes du soja, deux ennemis naturels du puceron du soja ont été exposés aux six insecticides en laboratoire. Les deux insecticides de synthèse actuels ont été le plus souvent les plus toxiques sur la coccinelle et sur les punaises. Les deux insecticides utilisés en agriculture biologique ont été plus toxiques que les deux nouveaux insecticides synthétiques. Les expériences ont été aussi menées dans quatre champs de soja. L’impact environnemental global a été estimé en utilisant un Quotient d’impact environnemental global qui permet de noter la toxicité de chaque insecticide sur de nombreux organismes, y compris les oiseaux les poissons, les abeilles, et d’autres facteurs.

Un impact plus négatif

L’insecticide conventionnel de synthèse dimethoate et les deux insecticides utilisés dans l’agriculture biologique, l’huile minerale et B. bassiana ont été jugés comme ayant l’impact le plus élevé. L’impact de l’huile minérale, par exemple, a été plus de dix fois plus fort que l’impact du dimethoate en raison des fortes doses auxquelles il est utilisé. Les deux insecticides utilisés en agriculture biologique n’offrent pas une protection significative des récoltes et dans le contrôle non traité, ont été moins sélectifs dans la mesure où ils tuent à la fois les pucerons et d’autres insectes. Les insecticides synthétiques ont été les plus efficaces, même si l’insecticide le moins sélectif, le dimethoate, est resté plus sélectif que les insecticides utilisés en agriculture biologique.

Les chercheurs suggèrent que certaines pratiques biologiques ne sont pas toujours plus soutenables sur le plan de l’environnement que les pratiques conventionnelles. Une gestion intégrée de la lutte contre les maladies et ravageurs peut donc être souhaitable dans la mesure où elle demeure flexible en incluant les méthodes qui ont les impacts les moins importants.

michel.deprost@enviscope.com

Source: Bahlai, C.A., Xue, Y., McCreary, C.M. et al. (2010) Choosing Organic Pesticides over Synthetic Pesticides May Not Effectively Mitigate Environmental Risk in Soybeans. PLoS ONE. 5(6): e11250. This study is free to view at: www.plosone.org/article/info%3Adoi%2F10.1371%2Fjournal.pone.0011250

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