La baisse estimée par le baromètre prévisionnel du CITEPA n’est que de -1,6% pour 2025, alors qu’un rythme moyen de diminution des émissions de GES de -4,6% par an est nécessaire à l’atteinte des objectifs de la France à l’horizon 2030. Ce recul en partie du à la baisse d’activité est nettement inférieur à l’effort demandé par le projet de Stratégie Nationale Bas Carbone C3 publié en décembre 2025.
Le Citepa a publié les résultats du baromètre des émissions mensuelles de gaz à effet de serre de la France pour l’année 2025. Cette estimation repose sur les calculs mis à jour des émissions des neuf premiers mois de 2025 issus du baromètre des émissions mensuelles, complétés par une estimation du quatrième trimestre réalisée à l’aide du baromètre prévisionnel.
Sur l’ensemble de 2025, le baromètre prévisionnel, s’appuyant sur les neuf premiers mois de l’année calculés par le baromètre mensuel, prévoit une diminution des émissions de Gaz à Effet de Serre (GES) sur le territoire national d’environ - 1,6% (soit - 5,8 Mt CO₂eq) par rapport à 2024. Les émissions 2025 sont, dans cette nouvelle estimation, évaluées à 363,4 millions de tonnes de CO₂ équivalentes.
Baisse de l’activité industrielle
Les secteurs de l’industrie manufacturière et de la construction se démarquent sur 2025 avec une baisse de -3,4% de ses émissions (-2,2 Mt CO₂ eq.) avec une diminution notable de -4,4% sur les neuf premiers mois. Cette baisse est liée à la diminution continue de l’activité industrielle et notamment pour les sous-secteurs de la chimie, production de ciment et métallurgie.
La baisse a été pour l’agriculture de 1,8%, réduction principalement liée à celle du cheptel bovin. La baisse du secteur des transports est de 1,4% du fait de la diminution des consommations de carburants dans le transport routier). Les émissions des usages du bâtiment ( chauffage surtout) connaissent une légère baisse -1% par rapport à 2024) liée aux variations des consommations de fioul et de gaz naturel. La méthodologie du baromètre prévisionnel fondée pour ce secteur, sur l’évolution des consommations d’énergie fossile présente des limites, notamment dans le cas du fioul domestique. Les émissions du secteur de l’énergie devraient rester stables entre 2024 et 2025 après des baisses importantes observées ces deux dernières années.
Une baisse insuffisante pour la stratégie bas carbone
Le projet de Stratégie Nationale Bas Carbone (SNBC) 3 publié en décembre 2025 avec une troisième version, fixe des objectifs de réduction impliquant un rythme moyen de diminution des émissions de GES de -4,6% par an, nécessaire à l’atteinte des objectifs de la France à l’horizon 2030. La baisse estimée par le baromètre prévisionnel n’est que de -1,6% pour 2025 nettement inférieure à l’effort demandé par le projet de SNBC3 publié en décembre 2025. Cette ambition est déclinée par secteur . C’est le secteur de l’agriculture qui s’approche le plus du niveau SNBC3 à atteindre (-1,8% contre -2,1% demandé) suivi de celui de l’industrie (-3,4% contre -5,3% demandé). Mais un retard plus important en termes de trajectoire est à prévoir pour le secteur des transports et du bâtiment.
Polluants atmosphériques : des évolutions variables
Les émissions des polluants atmosphériques ne sont estimées que par le baromètre mensuel, pas le baromètre prévisionnel. Les résultats sur les neuf premiers mois de 2025 montrent qu’une baisse est observée pour le dioxyde de soufre [SO2] à hauteur de 4% (-2,1 kt) pour les trois premiers trimestres 2025 par rapport à la même période de 2024, liée principalement au secteur de l’industrie manufacturière. Une baisse de 2% (-9,3 kt) est également à noter pour les oxydes d’azote [NOx] et une baisse de 12% (- 1,9 t) pour le nickel [Ni].
Une légère hausse des émissions de monoxyde de carbone [CO] est observée (+1% ; +14,3 kt) tout comme une augmentation des émissions de particules fines [PM2.5] (+2% ; +1,8 kt). Cette dernière s’explique principalement par la hausse estimée dans le secteur de l’usage des bâtiments et activités résidentielles/ tertiaires ( +3 kt ; soit +4%).
Commentaires
Les émissions de gaz à effet de serre (GES) de la France sont calculées avec un haut niveau de précision dans le cadre de l’inventaire national. En raison du délai nécessaire à la collecte des données exhaustives et au processus d’élaboration de l’inventaire, les résultats sont publiés avec un décalage d’environ 18 mois. L’inventaire portant sur l’année 2023 est disponible, tandis que celui de 2024, bien que déjà calculé, ne sera publié qu’en avril 2026, après sa soumission aux instances internationales et la validation finale des chiffres.
Pour disposer d’informations plus récentes, le rapport Secten fournit chaque année une estimation de l’année qui suit l’année d’inventaire (proxy 2024 pour l’inventaire 2023 publié en juin 2025), fondée sur des indicateurs sectoriels relativement robustes, mais néanmoins moins précis que ceux de l’inventaire national.
Le baromètre s’appuie sur les résultats du proxy Secten pour estimer les émissions de l’année en cours. Les émissions trimestrielles de 2025 ont ainsi été publiées progressivement au fil de l’année, avec un décalage d’un trimestre, en fonction de la disponibilité des données observées.
Enfin, le baromètre prévisionnel vient compléter ces estimations afin de couvrir l’ensemble de l’année. Il repose sur des modèles de prévision, qui s’appuient sur des indicateurs prospectifs, notamment ceux de l’Insee, et présente donc le niveau de précision le plus faible, mais permet d’anticiper les tendances avant la disponibilité des données observées.
Par rapport à l’estimation du baromètre d’octobre 2025, l’estimation des émissions de l’année 2025 gagnent ici en précision : elles s’appuient sur les calculs du baromètre pour les neuf premiers mois de l’année, et sur des données prévisionnelles uniquement pour le dernier trimestre.



