Les métropoles ne sont pas les châteaux de sable de territoires déserts


Le résultat du premier tour de l’élection présidentielle reflète les inquiétudes face au modèle de développement en cours depuis quelques décennies. L’aménagement du territoire appartient passé. C’est au déménagement des territoires qu’on assiste. En parcourant nos départements, à quelques dizaines de kilomètres de Lyon, les confins de l'Ardèche, de la Haute-Loire et de la Lozère, les confins de la Saône et Loire et de l'Allier, de la Drôme et des Hautes-Alpes, on découvre des petites villes qui souffrent, des centres bourgs fantômes, des villages déserts, des milliers d’habitations aux volets clos, des ruines. Et partout, et surtout,  des habitants qui peinent, des citoyens oubliés, des laissés pour compte d’une croissance tirée par une mondialisation souhaitable mais mal régulée.

L’énergie bon marché, l’étalement urbain, ont transformé les paysages. La croyance naïve dans une croissance automatique, a fait croire que le produire local était dépassé, que l’industrie n’était pas désirable, que l’agriculture était un élément éternel du paysage. Il n’en est rien.

Comme je l’avais écrit il y a plusieurs années, le fossé s’est creusé dramatiquement entre citoyens réputés égaux. Et la vision en cours des Métropoles ne fait qu’accentuer d’une manière égoïste, le fossé. C’est le cas de la Métropole de Lyon, construite autour du concept du château de sable. Le principe : plus le château de sable est élevé, plus des grains de sable peuvent rouler loin ! Image féodale, du château et de la glèbe, du seigneur et des vassaux.

Cette vision n’envisage pas de coopération, de cohérence, de co développement de solidarité, d’égalité.  Résultat :  les métropoles ont des retombées pour leur hyper centre connecté à l’économie nomade, mais plus on s’éloigne du donjon, plus les grains de sables sont rares.

L’objectif n’est pas de nier l’intérêt de construire de grandes villes efficaces, durables, agréables à vivre, concentrant des richesses, des intelligences. Le développement et leur fonctionnement des métropoles doivent  cependant  être repensés, en imaginant et en organisant des métropoles au centre de réseaux bien pensés de villes et de territoires.

Les territoires possèdent des ressources pour les métropoles. Ils ont  de l’espace, la biodiversité, les bio ressources, pour une alimentation de qualité, de la biomasse pour l’énergie, pour la construction,  pour la chimie. Les territoires ont de l’espace pour des activités économiques propres, décentralisées, rendues possibles par le numérique. Ils offrent des cadres de vie de qualité, un air pur, comme l’a souligné récemment Atmo Auvergne Rhône-Alpes. Les territoires offrent aussi des prix du foncier et de l’immobilier qui sont des facteurs de compétitivité.

Il faut donc unifier dans des ensembles cohérents, les territoires et leur métropole, en inversant les termes. En mettant les territoires, comme la base et les métropoles comme une organisation ponctuelle des territoires, spécialisés dans certaines fonctions. Il faut à cela un cadre. Il faut par exemple, quand existe une métropole la fusionner totalement avec le département  dont elle fait partie et non maintenir une coupure malsaine entre métropole et périphérie décrochée. C’est à cette échelle qu’il faut penser répartition des activités suivant une écologie territoriale, les moyens de transport, et le logement. Un programme pour les prochaines années.

michel.deprost@enviscope.com

 

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