Énergie

Eric Laborde, Soleil en Tête : le photovoltaïque demeure un secteur intéressant

Enviscope: Où en est le secteur du photovoltaïque sur lequel Soleil en Tête s’est fortement développé ?
Eric Laborde: Le secteur du photovoltaïque se trouve dans une situation difficile qui n’est pas justifiée loin de là. Il est touché par la baisse des tarifs d’achat de l’électricité et par la baisse du crédit d’impôt pour certains investissements. Il est aussi perturbé par le moratoire enregistre depuis quelques mois un recul de 40 à 50%.
Mais le marché est victime d’une communication qui manque de clarté, et son image s’est retournée. Les médias qui parlaient de réussite, parlent aujourd’hui de problèmes posés par des installeurs qui ne font pas leur travail, de la bulle qui a éclaté. Or la situation doit être expliquée d’une manière plus rationnelle.
Qu’en est-il ?
Pour le particulier par exemple, l’investissement reste toujours intéressant malgré la baisse des tarifs d’achat, avec un taux de retour sur investissement sur 7 ans ou 9 ans.
Quels sont les points faibles du marché français ?
Au-delà des dispositions actuelles, le marché est pénalisé surplusieurs points. L’intégration à la française coûte cher. Les limites imposées à la taille des installations à 3 KW maximum pour les particuliers constituent un autre obstacle. En effet, les frais de prospection et d’études, sont les mêmes pour un chantier de 3 kilowatt que pour une installation de 6 kW. Une installation dont le watt peut revenir à 4 euros en Allemagne coûtera 5 ou 6 euros en France. En France, pour une installation qui dépasse les 3 KW, la TVA passe de 5,5 % à 19,6%. La suppression de ces limites permettrait d’abaisser les coûts en élargissant le marché, ce qui accompagnerait la baisse des tarifs d’achat.
Le problème d’économies d’échelle est le même pour des installations de chauffe eau solaire pour l’eau sanitaire. Ces coûts fixes de prospection font que le marché reste largement occupé par des professionnels directement sollicités par le consommateur. Il est donc très émietté.
Comment l’année 2011 est-elle abordée par Soleil en Tête ?
Nous avons heureusement développé des compétences sur de nombreux segments, en dehors du photovoltaïque, par exemple pour le solaire thermique, mais aussi la pompe à chaleur.

Nous misons sur le marché de la pompe à chaleur, mais il faut sur ce marché des compétences particulières pour adapter l’équipement à des besoins qui peuvent évoluer. Il faut éviter d’installer une pompe de 3 KW sous dimensionnée, quand l’évolution des besoins pourrait pousser l’utilisateur à installer un chauffage de complément d’une puissance égale. Il faut disposer d’un bureau d’études qui vient en soutien des projets proposés aux clients du réseau, ce qui est le cas de Soleil en Tête.

recueilli par michel.deprost@enviscope.com

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