Fédération des syndicats agricoles AuRA : la transition écologique dépend de prix justes

La Fédération Régionale des Syndicats d’Exploitants Agricoles veut faire évoluer le secteur en jouant les cartes de la proximité, de la qualité, de l’information.
Les adhérents de la Fédération Régionale des Syndicats d’exploitants agricoles (FRSEA) en ont assez de passer, aux yeux des consommateurs, d’associations de défense de l’environnement, avant tout pour des pollueurs, voire des empoisonneurs. ” La société française soutient les agriculteurs mais on a ici et là des gens qui relaient des informations fausses… Cela fait très mal d’entendre certaines accusations. Attention de ne pas se satisfaire de l’état du débat public qui peut entrainer une situation insupportable pour nous. Nous invitons les agriculteurs à ouvrir leurs fermes et je pense qu’il y a peu de secteurs qui soient aussi ouverts que nous ». Michel Joux en tête, leur président, les responsables de la principale organisation agricole régionale, veulent que soit reconnue leur activité, faite de technique et de passion.

L’ouverture vers la société, la proximité sont des atouts en Auvergne-Rhône-Alpes où l’agriculture est diversifiée, avec des exploitations souvent de dimensions petites ou moyennes, réparties dans des territoires de montagne. Après des excès dont ils ont parfois été victimes (utilisation de produits de synthèse) agriculteurs et éleveurs sont d’accord pour négocier un virage environnemental. Le secteur a du poids. Il a investi un milliard d’euros en 2017 en Auvergne-Rhône-Alpes,  dans les équipements comme dans des bâtiments d’élevage plus modernes.

Construire les prix

Mais pour une agriculture respectueuse de l’environnement, comme de la qualité, ” il faut construire les prix dans le bon sens.” Les agriculteurs refusent que l’Etat continue à signer des accords avec des pays dont la France importe des produits qui ne respectent pas les normes imposées aux agriculteurs français. La FRSEA a mobilisé ses adhérents sur cinq sites ces dernières semaines, contre les importations massives d’huile de palme destinée à une raffinerie de la région de Marseille.

Pour l’agriculture biologique, les demandes de conversion augmentent fortement. L’agriculture bio permet de produire avec un impact environnemental réduit, mais la mutation demande du temps et des investissements. Or les crédits sont insuffisants. Auvergne-Rhône-Alpes devrait néanmoins avoir dans quelques années 15 % de ses exploitations en “bio”. Une inquiétude pourtant,  sur l’évolution des prix du bio. ” Il faudrait arrêter les promotions sur l’agriculture biologique pour que les prix ne rattraper pas les prix des produits conventionnels.

Il faut aussi aider l’agriculture de montagne. Mais des communes sortent des zones où les exploitations bénéficient d’indemnités de compensation des handicaps naturels (ICHN). C’est là que les aides européennes doivent encore arriver dans les campagnes.

Le secteur agricole n’attend pas tout, pour sa mutation, des aides européennes , nationales ou régionales. Les agriculteurs, comme leurs organisations et la coopération, doivent encore travailler plus ensemble pour améliorer la qualité, tout en maitrisant les prix.

michel.deprost@enviscope.com

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