Bioéconomie

Avec GRAIN D’OZON, les céréales deviennent des pâtes.

Basée à Saint-Symphorien d’Ozon (Rhône), l’EARL Grain d’Ozon est une exploitation agricole biologique. Spécialisée dans la culture de diverses céréales, elle en transforme certaines pour en faire des pâtes alimentaires. Mickaël Flandin s’est associé il y a peu de temps avec Philippe Robin qui a repris cette exploitation à la suite de son père. Ils nous en disent plus sur leur activité, à l’occasion d’une rencontre organisée dans le cadre d’un voyage de presse mis sur pied par CORABIO, la coordination régionale de l’agriculture biologique en Rhône-Alpes.

Comment se présente votre exploitation agricole ?

Mickaël Flandin : Je me suis installé sur l’exploitation en mars 2012. J’ai rejoint Philippe Robin qui a repris cette exploitation il y a plusieurs années à la suite de son père. On exploite environ 150 hectares de surface agricole. Nous cultivons plusieurs céréales comme du blé, du maïs, du soja, du tournesol, mais également de la luzerne en fourrage. Il s’agit d’une exploitation intégralement en agriculture biologique depuis 2004.

Pourquoi avez-vous choisi de pratiquer l’agriculture biologique ?

Philippe Robin : Tout simplement parce que je n’avais plus de goût à travailler mes terres. Mon activité était devenue machinale. Mais j’ai mis près de six ans à faire la démarche. Le choix n’a pas été facile, car quand je suis parti en bio, j’ai été renvoyé du syndicat, de la coopérative, j’étais considéré comme le vilain petit canard. En effet, à l’époque, l’agriculture biologique n’était pas encore complètement entrée dans les mœurs. Or, depuis ma « conversion », j’ai retrouvé la maîtrise de mon exploitation. En effet, il y a énormément de choses à faire lorsque l’on fait du bio, comme surveiller l’herbe et ses parcelles avec vigilance.

Lorsque Mickaël s’est installé, nous avons souhaité faire évoluer notre activité. Ainsi, nous avons décidé de transformer une partie de notre production jusqu’à un produit fini que l’on peut commercialiser, en l’occurrence des pâtes bio.

Pourquoi des pâtes ?

Mickaël Flandin : Parce que personne n’en fabriquait dans les environs, mais aussi parce que c’est un produit qui n’est pas trop compliqué à fabriquer. Nous avons privilégié la fabrication de pâtes sèches qui ont l’avantage de mieux se conserver. Cela fait à présent un an que l’atelier fonctionne, et six mois qu’il tourne correctement, car il a fallu le temps de mettre en place le réseau de commercialisation.

Pour fabriquer nos pâtes, nous transformons du blé tendre, car le climat ne se prête pas à la culture du blé dur. La première étape consiste à écraser le blé pour obtenir de la farine. Comme nous n’avons pas le moulin nécessaire, nous faisons écraser notre blé par un autre agriculteur. Ensuite, nous mélangeons cette farine avec de l’eau et des œufs. Puis, nous mettons ce mélange dans une machine qui donnent leur forme aux pâtes que l’on fait ensuite sécher avant de les mettre dans des sachets, puis de les commercialiser.

Qui sont vos clients ?

Nous vendons nos pâtes à des AMAP, mais également à des points de vente collectifs. Ce sont des magasins tenus par des producteurs. Nous vendons également à quelques particuliers, mais très peu, pour ne pas s’astreindre à tenir un point de vente. Nous vendons le kilo de pâtes entre 6 et 7 euros. Le chiffre d’affaires se situe entre 15 000 et 20 000 euros pour l’atelier de transformation.

jean-baptiste.jacquet@enviscope.com

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