Environnement

Haute vallée de la Romanche : pour une solution durable

C’est une solution durable qui doit être recherchée pour la route de la haute vallée de la Romanche.

Tombera, tombera pas. Depuis plusieurs semaines, entre 100 000 et 500 000 mètres cubes de roches, environ deux fois plus en masse, jusqu’à un million de tonnes, glissent du versant nord de la vallée de la Romanche à la hauteur du lac artificiel du Chambon exploité par EDF.  Dix, 20 centimètres par jour, la masse descend. Elle s’approche du point de bascule.
Qu’elle tombe, c’est la solution, naturelle. Cela purgerait la montagne, libérerait le poids qui fait plier le  tunnel qu’il serait possible de dégager.

L’imminent n’arrive pas. La montagne a ses secrets que les capteurs, les sondes, les géologues et les ingénieurs ne percent pas. Le Département de l’Isère qui met justement en avant sa responsabilité, qui l’en blâmerait, protège les usagers et ceux qui devraient intervenir sur le chantier.

Les solutions relatées par des habitants sont au nombre de trois, qui viseraient à provoquer ce que la gravité tarde à faire.  Il faudrait accélérer la chute.

Solution une, pousser la masse avec des engins de chantiers solidement arrimés pour ne pas dévaler avec la masse rocheuse.

Solution deux, utiliser des explosifs ? Difficile de placer des charges dans une masse instable en mouvement, même depuis des hélicoptères.

Troisième solution, la solution hydraulique qui  consisterait à charger en eau la masse pour l’alourdir et la faire glisser…

Une autre solution d’attente a été retenue pour rétablir le trafic routier après l’abandon des canots sur lesquels pendant plusieurs semaines on a transbordé les voyageurs. Sur la rive gauche, au pied de la montagne de Mont de Lans, une piste forestière existe, qui ne rejoint pas encore une piste située sur la commune de Mizoën. En joignant les deux voies par quelques centaines de mètres à creuser dans la montagne, une piste de fortune pourrait être créée. Une voie goudronnée, des  garages, des alternats, cela permettrait d’absorber le trafic local, de donner de l’oxygène. Le Département de l’Isère a déjà commencé à faire poser des filets de protections pour abriter ce futur axe précaire.

Mais la future piste ne sera pas pas prête pour les flux estivaux dont une partie sera découragée plus à l’aval.  Elle ne sera probablement pas suffisante pour absorber les flux montant et descendant des week-ends hivernaux quand Grenoblois et Turinois  se croisent vers les pistes de ski. Ouvert à des flux normaux, l’axe embouteillerait en fait une partie des accès aux Deux Alpes…
C’est donc une solution durable que l’on recherche. Une solution qui coutera au delà des 5 millions d’euros dégagés par le Département de l’Isère. La facture sera plus lourde, deux ou trois fois plus. Pour une route départementale qui fut nationale, une route qui doit assurer avec sécurité la liaison entre deux vallées essentielles des Alpes, celle de la Durance et celle de l’Isère…

michel.deprost@enviscope.com

 

 

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