Énergie

Impact de Tchernobyl en France: non lieu pour le Pr Pellerin

 

La Chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Paris a dit ce mercredi qu’il n’y avait pas lieu de rejeter la demande de non lieu présentée en 2010 par le Professeur Pellerin, dans le cadre de l’affaire du « nuage de Tchernobyl ». La chambre de l’instruction a ordonné aussi de ne pas poursuivre l’instruction sur un dossier ouvert il y a une dizaine d’années.

Le dossier pénal avait été ouvert à la demande d’associations de malades estimant que leur maladie, des troubles ou cancers de la thyroïde, avait été provoquée par le ” nuage de Tchernobyl” qui avait atteint, après avoir perdu une grande partie de sa radioactivité l’Est de la France, après la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, à la fin du mois d’avril 1986. Le Pr Pellerin avait expliqué au public que le nuage radioactif qui avait atteint l’est de la France ( Alsace, Franch Comté, Corse) avait une radioactivité qui ne présentait pas de risques pour la santé. Les pouvoirs publics français, pour ne pas affoler le public à une époque où la France développait son secteur nucléaire, avaient adopté cette position justifiée selon eux par les niveaux de radioactivité observé. D’autres pays situés plus à l’Est, plus exposés ( Italie, Allemagne) avaient pris de mesures suspendant pendant quelques jours la consommation de certains produits ( lait, salades) susceptibles d’avoir été contaminés par des pluies radioactives.Un quotidien national, avait résumé la position du Pr Pellerin en prêtant à ce dernier la phrase: ” le nuage de Tchernobyl” s’est arrêté à la frontière.

Instruction longue

Une juge d’instruction avait mené l’instruction en recueillant les informations auprès de nombreuses institutions scientifiques et médicales, sans parvenir à une conclusion allant dans le sens espéré par les associations de malades.
Le Pr Pellerin, directeur du Service Central de protection contre les Radiations Ionisantes (SCPRI) avait formé une demande de non-lieu auprès de la juge d’instruction. Cette dernière avait rejeté la demande de non lieu.

Le Pr Pellerin s’était alors retourné vers la Chambre de l’Instruction, en demandant à cette dernière instance d’annuler la décision du juge. La Chambre de l’Instruction réunie en son conseil, c’est-à-dire en dehors de la présence du public pour la délibération et pour le rendu de la décision, a ce matin annulé la décision du juge d’instruction. De même elle a demandé la fin de l’instruction. L’instruction aurait dû démontrer non seulement un lien entre le nuage et des pathologies, mais aussi, une volonté de tromper de la part du Pr Pellerin, par exemple par la dissimulation en sa possession.

Un quart de siècle

Le dossier des conséquences de la catastrophe de Tchernobyl en France est depuis un quart de siècle étudié en France sans qu’il soit possible de déterminer s’il a eu un impact sanitaire. Les risques éventuels n’ont été établis qu’à partir de simulation complexes prenant en compte les doses de radioactivité existant à l’époque des faits, combinées à l’imprégnation d’aliments, facteurs auxquels il a fallu ajouter les modes possibles de consommation des aliments (lait de chèvre, légumes à feuilles ayant recueilli de l’eau de pluie.
Il est impossible de prouver un impact.

C’est ce même constat qui avait motivé la position du Parquet général en demandant pour sa part un non-lieu.

Les conclusions judiciaires du dossier français de la catastrophe de Tchernobyl ne doivent évidemment en aucun cas être considérées comme un « blanchiment « de la technologie nucléaire, dont les risques, on l’a vu depuis Tchernobyl restent considérables.

michel.deprost@enviscope.com

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