Énergie

La chimie fortement dépendante du gaz

Claude CONRARD, Président de la Commission Pétrole et Gaz de l’Union des Industries Utilisatrices d’Energie (UNIDEN) a souligné lors du débat public sur les projets de gazoducs  Arc Lyonnais et Val de Saône la dépendance de l’industrie chimique par rapport à cette matière première. Directeur des Affaires publiques du groupe Solvay, il a rappelle que la facture de gaz et d’électricité représente 37% des dépenses du groupe qui réalise environ 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires en France.

SOLVAY fait partie des entreprises gazo-intensives. Le groupe franco-belge, est le dixième chimiste mondial. Il emploie 30 000 personnes, dont 7 000 en France. Il est implanté depuis longtemps à Tavaux (Jura)  et possède en Rhône-Alpes, les sites du chimiste français RHODIA, acheté à la fin de 2011.

Un quart de la consommation électrique

Chaque année, les usines de SOLVAY consomment année 11,3 Térawatt heure, ce qui représente environ 10% de la consommation de l’industrie française, qui s’élève à 120 Térawatt heures. La consommation de l’industrie représente environ un quart de la consommation française d’électricité qui s’élève à 470 térawatts heures.

SOLVAYse trouve comme d’autres entreprises consommatrice d’énergie, consommatrices de gaz, dans une situation difficile  du fait du marché mondial de cette énergie. Le prix des gaz de schistes aux Etats-Unis revient à 10 euros le MWh, alors qu’il revient à 25 euros le MWh en Europe. Des produits chimiques américains commencent donc à arriver sur le marché français à des prix défiant toute concurrence. Le prix du MWh de gaz atteint 100 euros au Japon, où la fermeture de centrales nucléaires a entrainé une consommation à la hauss du gaz. Les vendeurs de gaz livrent donc volontiers en priorité le marché japonais et asiatique.

Un risque de disponibilité

Les chimiste français sont confrontés à un risque de disponibilité même du gaz comme énergie, mais aussi comme matière première pour certaines molécules.
A ces difficultés s’ajoutent les difficultés d’un marché français divisé en deux secteur, Nord et Sud, où le prix n’est pas le même. Les entreprises situées en gros au Sud de la France paient leur gaz plus cher que les entreprises situées au Nord.

La mise en service des gazoducs Arc Lyonnais et Val de Saône réduira les tensions autour de 2020. D’ici là les industriels demandent des aménagements tarifaires.

michel.deprost@enviscope.com

1)   Les sites de SOLVAY dans la région ont les consommations suivantes :  Collonges au Mont d’Or,  0,4 térawatt heure ; Belle Etoile 1,2 Térawatt heure.

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