IFP Energies Nouvelles a mis au point dans ses laboratoires de Solaize des solutions pour récupérer les microplastiques lors des opérations de lavage des textiles.
Les microplastiques sont partout. Ces morceaux de plastique d’une taille allant de 1 micron ( 1 millième de millimètre ) à moins 5 millimètres ( un cheveu mesure 100 micron) sont aujourd’hui dispersés un peu partout : dans les sols, dans les eaux de surface ou souterraines, qui les conduisent dans les mers et dans les océans. Selon l’Union internationale de Conservation de la Nature ( UICN), ce sont entre 0,8 et 2,5 millions de tonnes de microplastiques qui arrivent chaque année dans les mers et dans les océans.
Ces microplastiques suivent pour arriver dans les milieux plusieurs chemins. Certaines sont issues de l’usage normal, de l’usure des matériaux, vêtements, objets divers ou même poussières de pneumatiques. Aujourd’hui, 60 % des vêtements sont en fibres artificielles. Les opérations de lavage, pour les vêtements ou les objets, entraînent aussi une usure et déchargent des morceaux de plastiques dans les eaux usées. Ces dernières même en passant dans une station d’épuration, ne sont pas débarrassées des micro-plastiques qui continuent leur chemin vers les rivières, les fleuves, les mers, les océans. Ces microplastiques, nous les consommons avec nos aliments ou en respirant, et il se retrouvent alors dans notre corps et dans nos cerveaux.
Les micro-plastiques hydrophobes remontent à la surface
Pour stopper les microplastiques dans leurs cycles qui se chargent toujours plus, il faut les mettre hors circuit. Ce qui peut se faire en particulier au stade du lavage. Les activités de lavage élan à la fois nombreuses et très variées IFPEN s’est attaqué depuis 20021 au dossier. Les travaux de recherche technologiques en sont aux stades 6/7 sur 9 ( celui du système industriel éprouvé).
La technique mise au point est bien expliquée par les chercheurs de Solaize. » Nous avons utilisé le caractère hydrophobe des plastiques, pour d’abord les diluer dans l’eau. Puis nous avons créé un courant de micro-bulles. Les microplastiques hydrophobes sont attirés par les bulles qui remontent à la surface de la colonne ». Dans le laboratoire, on voit effectivement de minuscules grains de poudre s’accumuler à la surface où ils peuvent être récupérés.
Les recherches ont permis de mettre au point la technologie CleanWash, brevetée, peu sensible à l’encrassement dans le processus de filtration, peu consommatrice d’énergie. Le procédé a été testé en juin 2025 à l’échelle industrielle dans un pressing 5 à Sec de Vénissieux avec succès: très bonne opérabilité, 80% d’abattement pour les microfibres inférieures à 50 microns, 95% d’abattement avec ajout de bioclarifiants. Les chercheurs sont impatients de voir CleanWash appliqué à grande échelle. Une loi votée en 2025, complète les dispositions européennes déjà en vigueur. Il ne manque plus que les décrets pour avancer vers un lavage industriel plus propre.



