Environnement

OGM: Lepage dénonce des menaces sur la liberté des chercheurs

La semaine dernière, la députée européenne a tenu une conférence de presse en compagnie de Gilles Eric Séralini, biologiste, membre du Comité de recherche indépendant d’information sur les organismes génétiquement modifiés ( CRIIGEN).

Le chercheur de l’Université de CAEN venait d’être sommé, selon la députée, de retirer de la revue Food and Chemical Toxicology,  l’étude publiée en septembre 2012 qui avait défrayé la chronique en faisant état des effets cancérigènes du maïs modifié K 603 . la recherche de Séralini avait eu un large écho médiatiques grâce à une campagne de presse savamment orchestrée. Elle avait été très critiquée par de nombreux chercheurs, mais d’autres scientifiques avaient demandé la poursuite de travaux sur le sujet au nom de la liberté de la recherche.

L’étude retirée par l’éditeur

Quinze mois plus tard l’éditeur de la revue Food and Chemical Toxicology, le groupe ELZEVIR, demande au chercheur de retirer son étude. Argument officiel, les résultats ne peuvent être jugés concluants . Séralini n’a pas obtempéré, et l’éditeur a retiré lui-même l’étude des sites où elle était accessible.

En fait, explique Corinne Lepage, un ancien responsable du groupe Monsanto , M. Goodman, a fait son entrée à la direction d’ELZEVIR. «  M. Goodman affirme qu’il ne s’occupe pas des publications ayant trait aux OGM, nous avons la preuve du contraire » souligne la députée. Corinne Lepage, elle-même responsable du CRIIGEN, sans défendre le contenu ou les résultats obtenus par Séralini, défend l’apport de sa recherche.

«  Il a utilisé la même souche de rats que Monsanto, mais il a poursuivi les travaux non pas 90 jours, mais deux ans. Il a  nourri différents groupes de rats avec différents mélanges  ” maïs avec OGM et herbicide Round Up ( produit par Monsanto) ; maïs avec Round UP seul, maïs avec le maïs modifié, un groupe enfin  avec du maïs non modifié .

Les études de Séralini sont peut-être discutables, mais elles doivent être discutées, estime sur le fond Corinne Lepage. Elles ne peuvent être censurées. Les revues à comité de lecture doivent laisser les réviseurs qui lisent les articles soumis , libres de les discuter sur des bases scientifiques. Or, la députée est inquiète de menaces qui pèseraient sur des revues dont les réviseurs seraient anonymes, sélectionnés on ne sait comment.

La députée est aussi inquiète du fonctionnement de l’Agence européenne de Sécurité Sanitaire des Aliments ( European Food Safety Agency) où les conflits d’intérêt et le poids des lobbies  seraient importants . La députée explique avoir obtenu en 2012 le refus du quitus donné chaque année à l’agence sanitaire pour son exercice. Pour Corinne Lepage, l’indépendance même des parlementaires peut être en cause.

Michel.deprost@enviscope.com

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