Environnement

Panorama IFPEN : la chute des cours du pétrole bouscule encore le marché de l’énergie

Six mois après avoir chuté fortement le prix du brut devrait rester très bas encore six mois, troublant le marché mondial de l’énergie, estime Olivier Appert , président d’IFP Energies Nouvelles, dans sa présentation à Lyon du Panorama mondial de l’énergie. Ces prix bas n’encouragent pas à réduire les émissions de CO2.

Le prix du pétrole devrait rester encore pendant six mois, entre 50 et 70 dollars le baril. Le prix du baril devrait remonter au deuxième trimestre, après la regain de croissance permis par la baisse des cours. Le prix du gaz naturel devrait encore être bas.

Le séisme provoqué par le développement de la production de hydrocarbures non conventionnes aux USA, n’a pas fini de produire des répliques. La production de gaz de schistes n’est pas une feu de paille, estime Olivier Appert, président d’IFP Énergies Nouvelles, lors dans présentation du Panorama mondial annuel de l’énergie,n ce jeudi matin au Centre de Solaize de l’institut.

 

Les raisons de la baisse sont claires : demande atone en Europe, croissance moindre en Chine et ans des pays émergents, dont le Brésil. La production américaine s’est durablement hissé à un haut niveau, environ cinq millions de barils par jour. Et cela ne va pas baisse. Le ralentissement des investissements aux USA n’est pas lié à une réduction de la ressources. «  La pause dans les investissement est liée à la baisse de la rentabilité liée justement à la baise globale des prix. » souligne Olivier Appert. La mise en exploitation de 21 000 puits pourrait porter la production américaine quotidienne à plus de 8 millions de baril.

Pour le moment les effets des gaz de schistes sont déjà très déstabilisants. La baisse de prix handicape les pays dépendant de recettes pétrolières pour établir leur budget : c’est le cas de l’ l’Iran, du Nigéria, de l’Équateur, de l’Algérie, du Vénézuela qui subissent un choc pétrolier à rebours.

La baisse du brut, entraîne une basse des prix du charbon américain qui envahit l’Europe. Le gaz moins émetteur de CO2 devient non compétitif par rapport à la houille. La baisse des hydrocarbures, ébranle aussi le développement des énergies renouvelables. La faiblesse des prix du brut peut dissuader des investisseurs de s’engager dans les renouvelables, éolien et solaire. Elle peut même dissuader des efforts de recherche et d’innovation. Même si la baisse du brut ne dure encore que six mois avant un redressement, des projets de recherche, d’innovation pourrait être différé.

Plus grave, le maintien du prix du carbone à un niveau très bas, n’encourage pas à investir dans des équipements de production d’énergie décarbonnée. Il faudrait des mesures pour augmente le prix du carbone bien au delà de 10 euros la tonne. Il faudra surtout que la Conférence des Parties sur le Changement. De Paris en décembre, aboutissent à nu engagement véritables des grands pays émetteurs. «  Un évènement nouveau est à prendre en compte, l’engagement de la Chine de réduire ses émissions à partir de 2030 et d’établir  la production de 20% d’énergie décarbonée dans la production électrique en 2030. Les États-Unis s’engagent à réduire de 26 à 28% de leurs émission de CO2 en 2025 par rapport à 2005.” explique Olivier Appert.

L’absence de mesures sur le climat, la baisse des prix du brut posent la question des subventions au combustibles fossiles évaluées par l’Agence Internationale de l’Énergie (AIE) à 500 milliards de dollars par an. Au Venezuela, le carburant voiture est vendu un euro le litre et au Moyen Orient un tiers de la production d’électricité par des fossiles est subventionné.

La suppression des subventions aux fossiles permettait de financer le Fonds Vert Climatique que les pays développés s’étaient engagés à financer à hauteur de 100 milliards d’euros par an. Le Fonds n’est abondé pour le moment que de 10 milliards d’euros. On est très loin du compte

Michel.deprost@enviscope.com

 

VOIR AUSSI