Bioéconomie

Le Parc des Ecrins fête ses quarante ans et la signature de sa nouvelle charte

Dans le village de Vallouise, dans la petite vallée du Gyr un soleil vif d’automne accueille ce vendredi 11 octobre les maires des communes signataires de la nouvelle charte, rendue obligatoire par la loi de 2006. Elles sont 46, sur les 59 communes composant l’aire optimale d’adhésion, à s’être finalement prononcées pour la charte. Cela a été pour l’initiateur du projet Michel Sommier, maintenant directeur de Parc Nationaux de France, un travail de concertation de 4 ans. C’est pour le nouveau directeur du Parc, Bertrand Galtier, la délicate mission de concilier la protection d’un formidable espace naturel, avec l’accueil des touristes et des scolaires (ils étaient 48 000 mille cette saison à venir découvrir le glacier Blanc), l’activité des stations de ski et le nécessaire développement des activités économiques des communes (comme par exemple une micro-centrale hydroélectrique en Valgaudemar).

    

Christian Pichoud, président du Parc National des Ecrins présente la Charte, alors que les 46 maires adhérents s’apprêtent à signer pour leur commune. [photos Enviscope] 

A l’instar de Robert de Caumont et du ministre Patrick Ollier anciens présidents du Parc, Christian Pichoud n’est pas peu fier d’annoncer le « score » obtenu pour les adhésions. Ils sont près de 80% à avoir fait confiance à cette nouvelle volonté de travail en commun, même si « cela n’a pas été sans mal », comme le rappelle Bernard Héritier, président des élus et maire de Valjouffrey (38). Les contraintes inhérentes à la défense de la nature, le poids de l’histoire ou l’encadrement des pratiques de chasse retiennent encore certaines communes, qui adhèreront peut-être d’ici fin 2015, comme la charte leur en laisse la possibilité.

Le travail concerté établi sur la confiance entre les élus locaux et les responsables du parc est certainement la raison pour laquelle les Ecrins, comme le Mercantour et les Pyrénées ont réussi à obtenir un fort taux d’adhésion. Cette gouvernance locale est revendiquée par plusieurs élus, qui d’ailleurs s’interrogent devant la future création de l’Agence de la Biodiversité, issue de la Conférence environnementale de septembre 2012, craignant qu’elle n’éloigne du terrain un certain nombre de décisions.

Valorisation de l’environnement

17 orientations assorties de mesures et 7 grands objectifs également déclinés en mesures, viennent décrire les buts poursuivis et la façon d’intervenir sur la conservation des milieux naturels, la préservation des ouvrages de génie civil, mais également la création de fonds documentaires et le partage de l’information. L’accueil des scolaires est également une des missions importante. Donner  ou redonner le goût de la découverte de la montagne, développer la randonnée, la découverte de la flore et de la faune, activités en recul par rapport à d’autres pratiques.

Requalification de la maison de Vallouise

D’importants travaux de requalification de la maison de Vallouise, une des sept que compte le Parc, devraient permettre de livrer pour la saison prochaine un outil de travail et d’accueil entièrement rénové. « C’est très intéressant de travailler sur les bâtiments des années 60, ils offrent beaucoup de possibilités notamment au niveau de la rénovation thermique » explique Yves Baret, architecte et responsable du service aménagement. Les grandes baies vitrées, l’agencement intérieur, les balcons extérieurs, la création d’une chaufferie bois, tout a été reconsidéré pour atteindre les objectifs de performance énergétique (diviser la facture par 4, soit 200 000 € d’économies sur 10 ans) et d’accueil du public, notamment grâce à la création d’un espace scénographique. Ils étaient 30 000 visiteurs la saison dernière.

C’est un investissement de 2,4 M€, dont 450 000 uniquement consacrés à la performance énergétique, financé par le ministère de l’Ecologie et l’Ademe, avec le concours de la Région Paca, du Conseil général des Hautes-Alpes.

En marge des festivités d’anniversaire, le collectif ” Avenir en Haute-Durance ” est venu bruyamment rappeler aux personnalités réunies, son opposition à la contruction d’une ligne électrique THT, qui est projetée par RTE dans le secteur.

antoine.reboul@enviscope.com

VOIR AUSSI