Bioéconomie

Plantes OGM: il faut évaluer aussi leur impact agricole et social

L’évaluation des organismes génétiquement modifiés est obsolète“. Les mots sont ceux de Léo Coutellec,  pendant la rencontre ” plantes et mutagenèse ” organisée ce vendredi à la Région Rhône-Alpes, par la Région et l’association Rés-OGM.

Le philosophe à l’Institut National des Sciences Appliquées de Lyon veut dire que les OGM ne peuvent  être évalués sur les seuls critères avantages/bénéfices en vigueur depuis quelques décennies.

L’opposition aux OGM  s’est d’abord  sur des critères sanitaires et environnementaux: risques de dissémination,risques pour la santé. Mais les OGM posent des questions plus larges.

Des craintes et un refus

Des craintes alimentées par un certain rapport à la nature, mais surtout par rapport à un certain modèle de société. Le débat n’est pas facile. Michel Grégoire, Vice-Président de la Région Rhône-Alpes en charge de l’Agriculture a rappelé que le rôle des élus consistait à recueillir des informations pour décider.

La rencontre “Plantes et Mutagenèse” a  montré deux approches  pour une agriculture confrontée aux marchés mondiaux. Pour les responsables du CETIOM ( Centre Etudes Techniques Interprofessionnel  des Oléagineux et du Chanvre),  l’agriculture doit mettre en oeuvre les ressources de la technologie pour être compétitive. “ L’agriculture française met en oeuvre les règles de la politique européenne, qui nous fixe de nous aligner sur les prix mondiaux, réduit les aides, demande de davantage respecter l’environnement, d’apporter des produits de meilleure qualité et sûrs sur le plan sanitaire” explique  Arnaud Rousseau, vice prsident de la Fédération des Oléagineux et Protéagineux ( FOP) 

Une bonne partie de la profession agricole, entend relever les défis de la compétitivité au moins pour satisfaire les besoins des marchés nationaux et européens. Les tenants de cette agriculture utilisent des plantes modifiées sans rejeter des méthodes alternatives. Fabien Lagarde, Directeur Technique du CETIOM a insisté sur l’importance des méthodes mécaniques comme le binage.

Un refus total de certaines modifications du génome

Les tenants d’une agriculture alternative, représentée par la Confédération Paysanne, par les exploitants ” bios”, préconisent une agriculture qui rejette des modifications génétiques. Le rejet repose sur un ensemble de convictions: refus d’une trop grande dépendance à des technologies non maitrisées, d’une agriculture qui réduit la part de la main d’oeuvre. Pour François Sausse,  l’arrachage d’adventices ( mauvaises herbes comme l’ambroise)  demande davantage de travail physique. Gérard Leras et Olivier Keller, Conseillers régionaux EELV, ont insisté sur les enjeux de cette agriculture paysanne. Pour François Sausse, elle correspond à des attentes de la société.

Deux agricultures

Deux conceptions de l’agriculture coexistent. Elle ne doivent pas s’exclure l’une l’autre, et plutôt travailler ensemble sur des solutions techniques. Gérard Seigle Vatte, Président de la Chambre Régionale d’Agriculture Rhône-Alpes a rappelé que les conditions naturelles pouvaient rendre difficiles certaines transitions.

C’est bien l’agriculture qu’il faut défendre,  qui ne soit pas seulement une affaire de technologies complexes, explique en substance Marie-Aude Cornu , animatrice de Rés’OGM.

Les enjeux concernent toute la société, par exemple sur le plan de l’emploi. L’avenir de l’agriculture pousse à s’interroger sur les priorités de notre société: priorité à la communication sur la derniète tablette informatique, ou promotion d’un pilier de la société.

Michel Grégoire, vice-Président en charge de l’Environnement de Rhône-Alpes entend bien que le débat démocratique se poursuive.

michel.deprost@enviscope.com

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