Les collèges remplissent un rôle important pour l’attractivité des territoires de montagne du Puy- de Dôme, mais les évolutions démographiques, avec un recul du nombre de collégiens, doivent amener le département à affiner un ajustement délicat, rappelle la chambre régionale des Comptes Auvergne-Rhône-Alpes.
Le rapport d’observations définitives concernant le contrôle des comptes et de la gestion du département du Puy-de-Dôme, pour les exercices 2020 et suivants, au titre d’une enquête sur le rôle du collège dans l’attractivité et la cohésion des territoires, a été mis en ligne sur le site de la chambre régionale des comptes Auvergne-Rhône-Alpes. Consulter le rapport
Le département du Puy-de-Dôme (662 285 habitants en 2021) , affiche une croissance démographique annuelle moyenne de 0,4 % entre 2015 et 2021, supérieure à la moyenne nationale (0,3 %). Ce territoire, marqué par des reliefs de moyenne montagne et une faible densité de population, connaît toutefois un vieillissement accentué de cette dernière, 22,1 % des habitants étaient âgés de plus de 65 ans en 2021, contre 20,5 % au niveau national.
Très peu d’élèves dans certains collèges
Le département compte 76 collèges ( 56 publics et 20 privés sous contrat) , qui accueillent environ 30 000 collégiens par an. Près de 30 % de ces collèges ont moins de 200 élèves, six ont des effectifs inférieurs à 100. Ces petits établissements, liés à la topographie montagneuse, génèrent des coûts plus élevés par élèves. Ils rencontrent des difficultés de recrutement et d’offre pédagogique. Des initiatives comme les internats d’excellence et les territoires éducatifs ruraux visent à dynamiser ces établissements. Sur la période récente cependant, deux collèges ont dû être fermés du fait d’une fréquentation insuffisante.
Les projections démographiques indiquent un recul de 12 % du nombre de collégiens d’ici 2034. Ces prévisions poussent à s’interroger sur l’implantation des collèges et la gestion du patrimoine départemental. » Malgré ces prévisions, le département manque d’outils pour anticiper ces évolutions, la dernière étude sur la cartographie des collèges datant de 2014. » note la Chambre des Comptes. La chambre recommande au département de participer activement aux instances de concertation avec le Rectorat, et de réaliser des études prospectives afin de mieux préparer les décisions relatives aux établissements en baisse d’effectifs.
Les dépenses de fonctionnement des collèges, sont à la charge du Département. Composées à 60 % des charges de personnel ( hors enseignants) et à 35 % par les dotations aux établissements, les charges ont augmenté de près de 19 % sur la période de contrôle, atteignant 34,5 M€ en 2024. L’augmentation s’explique principalement par l’augmentation des dépenses de personnel, notamment au titre de l’intérim qui a presque doublé en raison d’un absentéisme important . Ce taux d’absentéisme était de 14 % en fin d’année 2023. Pour contenir ces coûts, le département a mis en place des actions, dont la poursuite est recommandée par la chambre. Les dépenses d’investissement ont également progressé, passant de 6 M€ en 2020 à près de 13 M€ en 2024, principalement pour des travaux sur les bâtiments scolaires.


