Le Rapport annuel de Cour des Comptes 2026 a étudié les nombreuses facettes de l’aménagement du territoire. Avant des chapitres thématiques, le rapport dresse le portrait d’une France de plus plus urbanisée, où 23 départements connaissent un déclin démographique prononcé, avec des impacts lourds sur les inégalités dans tous les domaines.
Le fossé est de plus en plus marqué entre une France urbaine et péri-urbaine, et une France des zones moins densément habitée, celle des campagnes, des petites villes, des bourgs éloignés de agglomérations.
Mesurées à l’échelle du quartier, de la commune, du bassin de vie, du départe-
ment ou de la région, les différences s’expriment , soulignent l’introduction du rapport, » sur le plan de la démographie, du niveau de vie des habitants ou encore de l’activité économique des territoires. »
Depuis la fin des années soixante la France connaît un mouvement massif de périurbanisation. La croissance démographique sur la période a bénéficié majoritairement aux villes et à leurs périphéries. Le territoire montre » des évolutions démographiques de plus en plus contrastées depuis les dix dernières années. » Le nombre de départements ayant connu une stagnation ou un déclin de leur population, soit en raison d’un déficit migratoire (départements du quart nord-est, Martinique et Guadeloupe), soit en raison d’un solde naturel négatif
(départements du Massif central), n’a jamais été aussi important. Selon les données de l’INSEE, entre 2015 et 2021, 23 départements ont enregistré » une baisse démographique avec un taux de variation annuel moyen négatif d’au moins 0,2 % par an alors qu’ils étaient seulement une quinzaine dans les années 1980 et 1990. »
Les campagnes éloignées des grandes métropoles subissent une déprise démographique. Dans le même temps, les territoires d’Ile de France,, les côtes atlantique et méditerranéenne, les zones frontalières de l’Est ( Alsace, régions proches de la Suisse) , et les espaces rhodaniens ( axe Saône-Rhône ) connaissent une forte croissance de leur population.
Entre 2015 et 2021, la population a augmenté deux fois plus rapidement dans l’espace urbain que dans l’espace rural dans son ensemble (+0,4 % en moyenne par an, contre +0,2 %). Pendant la même période, les périphéries des pôles urbains , en particulier les couronnes des aires de 50 000 habitants et plus ont porté l’essentiel de la croissance démographique.
En 2026, environ 67 % de la population vit dans un territoire urbain soit un peu plus de 43 millions de personnes sur une population d’environ 68,6 millions d’habitants. Environ 20 % de la population vit dans une zone rurale sous l’influence d’une ville et 14 % dans une zone rurale autonome. Cette dynamique devrait se maintenir dans les prochaines décennies selon les projections démographiques, nécessitant, selon la Cour des Comptes des adaptations profondes des services à la population




