Environnement

Environnement : les Régions veulent un Grenelle pour préparer la décentralisation


Jean-Jack Queyranne, Président de Rhône-Alpes et coordonnateur des Régions au Grenelle de l’Environnement a présenté ce mercredi matin à Paris, 33 propositions de l’Association des Régions de France transmises cet après midi à Jean Louis Borloo. Les Régions veulent aller loin en matière d’environnement et sont prêtes à prendre plus de responsabilités. Le communiqué de l’Association des régions de France est accessible dans la rubrique communiqués d’Enviscope.



Les représentants des 24 régions françaises ont travaillé sérieusement pour préparer le Grenelle de l’environnement Inspirées par l’urgence de la situation, par l’exemple d’autres régions européennes, fortes de leur légitimité, et face à un Etat accusé parfois de tergiverser, elle entendent peser de plus en plus dans l’action.


L’ARF insiste sur trois mesures urgentes : : « un moratoire sur les OGM, la suspension des fermetures de gare fret et l’abandon des projets d’exploitation de l’or en Guyane. ».


Mais les Régions veulent s’inscrire dans la durée, au delà du rendez-vous de Grenelle. Elles créeront des comités de suivi des mesures qui résulteront du Grenelle de l’Environnement.


Les Régions veulent que le Grenelle soit l’occasion d’une remise à plat des relations avec l’Etat en matière d’environnement au sens le plus large. Les Régions veulent queles moyens mis à leur disposition, ou à la disposition des actions en matière d’environnement ” soient à la hauteur des enjeux et des ambitions affichées par le gouvernement.” Elles réclament surtout une nouvelle étape de la décentralisation. Elles rappellent qu’elles ont acquis ces dernières années une double légitimité : elles gèrent de plus en plus de compétences, et le font d’une manière de plus en plus efficace. Lycées, formation professionnelle, parc naturelles ou transports régionaux : leur proximité des citoyens mais aussi des collectivités territoriales accroissent la confiance dont elles bénéficient.




Revitaliser la décentralisation



Les Régions attendent de nouveaux engagements de l’État pour une décentralisation plus aboutie et plus efficace. En commençant d’abord par davantage de cohérence. « Il serait souhaitable que cessent les contradictions les plus flagrantes : citons notamment l’affectation d’une part de la TIPP aux Régions, alors qu’elles ont pour mission d’encourager le recours aux transports collectifs, ont en charge les TER et sont donc, indirectement, partie prenante de la réduction de la consommation de carburants. Du fait de ce mode de financement, l’efficacité despolitiques des Régions se trouve sanctionnée par une réduction de leurs ressources !»


Mais les 33 propositions sont un épais programme à moyen terme. Les Régions, déjà très engagées dans les énergies renouvelables, veulent former la base d’un programme national de développement de ces énergies. Elles veulent aussi un renforcement des obligations pour le logement neuf, un programme de rénovation de l’habitant ancien, une lutte contre l’étalement urbain.



Une écoredevance sur les poids lourds.



Très sensibles aux questions de qualité de l’air, les Régions réclament une écoredevance pour les poids lourds sur toutes les voiries routières non concédées et affectation des recettes à l’investissement dans les infrastructures de transport durable et


multimodal. Elles veulent une relance du transport de fret ferroviaire, fluvial et maritime. Concrètement, et cela concerne Rhône-Alpes, elle veulent le report, dès 2009, vers le rail du transport des matières dangereuses circulant dans les zones sensibles en particulier dans les régions de montagne (Alpes et Pyrénées) et dans les régions de forte densité de population. Cette demande est formulée depuis plusieurs mois par le Comité pour la Transalpine, qui y voit un début de report vers le fer dans la perspective de liaison Lisbonne-Lyon-Turin-Est de l’Europe.



Réduction de l’utilisation de pesticides


Les Régions, sans en avoir la compétence, insistent aussi sur le bien être et de la santé. Elles demande une réduction de 50 % en 10 ans l’utilisation des pesticides des classes CMR1, CMR2 ( cancérigène mutagène) et CMR3 par voie réglementaire et par une fiscalité dissuasive.


En matière agricole enfin, les Régions veulent un développement de l’agriculture biologique, et le développement des agro-carburants, en tenant compte de leur bilan environnemental.



michel.deprost@free.fr


VOIR AUSSI