L’ANSES vient de publier un rapport sur les risques sanitaires causés par un usage excessif des réseaux sociaux numériques. L’article ci-dessous évoque les risques d’addiction et les conséquences sur la santé.
Fréquemment utilisé dans la littérature scientifique et les médias,« l’addiction aux réseaux sociaux numériques » ne figure pas dans les classifications internationales des troubles mentaux (DSM-5R22, ICD-1123). La pertinence de définir une pathologie de type addictif liée à Internet et/ou aux réseaux sociaux numériques fait débats au sein des communautés scientifiques et médicales travaillant sur la santé mentale. Les spécialistes cherchent à préciser les contours des addictions comportementales sans substance. comme le tabac ou les stupéfiants.
Dans le discours des institutionnels, académiques, associations,médias sur l’exposition au numérique, les réseaux sociaux ne sont pas systématiquement distingués des technologies numériques dans leur ensemble. Une confusion est constatée entre outils (smartphone, écrans, etc.), systèmes (Internet), services (réseaux sociaux numériques) et les usages.
Faute de consensus scientifique le groupe de travail de l’ANSES a repris la notion « d’usage problématique » la plus fréquemment utilisée. De nombreux acteurs mènent des actions en lien avec la « sur-exposition aux écrans », appelée « utilisation excessive » ou « addiction » selon leur position sur le sujet.
Captation de l’attention
Certains acteurs évoquent la stratégie de captation de l’attention,soulignant le rôle central joué par les plateformes du numérique dans les usages des réseaux numériques. Ces plateformes ont développé un modèle d’affaire dépendant du temps d’utilisation et des données produites émanant des utilisateurs. » Dans ce contexte, la personnalisation des contenus et l’exploitation de situations de vulnérabilité individuelle sont des ressources puissantes pour l’économie des plateformes. » souligne l’ANSES.
Certaines études qualifient « d’usage problématique » une utilisation supérieure à une certaine durée journalière, durée pouvant varier d’une étude à une autre. D’autres chercheurs utilisent des échelles d’usage problématique ou d’addiction aux réseaux sociaux numériques . Les critères documentés dans ces échelles correspondent à une partie des critères attribués aux addictions comportementales « sans substance » officiellement reconnues à ce jour : l’addiction aux jeux d’argent et de hasard (DSM-5) et les troubles liés au jeu vidéo (ICD-11).
Ces critères sont : la perte de contrôle, la dépendance, la détresse émotionnelle accrue et l’interférence avec les activités quotidiennes. L’analyse du groupe de travail a révélé que ces échelles ont en commun de mesurer deux facteurs caractéristiques de l’addiction : les répercussions négatives sur la santé et l’impossibilité de maîtriser le temps passé sur les réseaux sociaux numériques.
Toutefois, les autres dimensions mesurées ne sont pas forcément comparables, aboutissant par conséquent à des conceptions assez hétérogènes de l’usage problématique. En découle ainsi la nécessité de manier avec précaution les comparaisons entre études utilisant ces échelles.




