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Retombées de Tchernobyl en France : rémanence d’une radioactivité sans risque

L’accident de Tchernobyl a touché des zones localisées et très éparses dans l’est de la France. Il s’agit des territoires où les précipitations ont été les plus importantes dans les jours qui ont suivi l’accident en Ukraine.

Trente ans après l’accident de Tchernobyl en mai 1986, plusieurs  zones en France témoignent de niveaux de radioactivité supérieurs ou très supérieurs à ceux observés dans le reste de l’Hexagone. Dénommées « zones de rémanence de la radioactivité artificielle », ces zones sont identifiables grâce au césium 137 présent dans les sols.

En 2013 et 2014, l’IRSN (  Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire) y a réalisé de nouvelles mesures qui ont permis d’évaluer les doses efficaces consécutives au séjour dans les zones les plus marquées et à l’ingestion des denrées alimentaires produites localement .  En 2015, un habitant des zones les plus touchées de l’est de la France recevra une dose moyenne de 37 microsieverts par an (µSv/an) contre 5,4 µSv/an en moyenne en France. Ceci correspond à peu près à la dose reçue pour un aller simple entre Paris et la Martinique en avion.

Certaines zones témoignent de niveaux de radioactivité supérieurs ou très supérieurs à ceux observés dans le reste de l’Hexagone. Ces  « zones de rémanence de la radioactivité artificielle » sont identifiables grâce au  césium dont la contamination persiste à l’heure actuelle dans les sols. L’activité surfacique dépasse 10 000 Bq/m2 pour les zones impactées par l’accident de Tchernobyl et 3 000 Bq/m2 pour celles concernées par les retombées des anciens essais aériens d’armes nucléaires.

Les précipitations plus importantes

L’accident de Tchernobyl a touché des zones localisées et très éparses dans l’est de la France, tant en plaine (plaine d’Alsace et Vallée du Rhône) qu’en montagne (Alpes du Sud, Corse, Jura et Vosges). Il s’agit des territoires où les précipitations ont été les plus importantes dans les jours qui ont suivi l’accident en Ukraine.

En 2013 et 2014, l’IRSN a réalisé un bilan actualisé dans les zones de rémanence en milieu aquatique. Dans les lacs du Mercantour, la radioactivité artificielle évolue faiblement au fil des années. Dans ces « milieux fermés », la persistance du césium 137 dans l’eau, les mousses et les sédiments est élevée. Dans les « milieux ouverts » que constituent les fleuves et les rivières qui drainent l’est de la Corse et le Mercantour, l’activité en césium 137 a nettement diminué depuis les premières mesures réalisées en 1986-1987.

 

En milieu terrestres, dans les massifs de l’est du territoire (Vosges, Jura, Alpes du Sud et Corse) qui cumulent les activités en césium 137 les plus élevées de France métropolitaine,  l’activité est  encore aujourd’hui supérieure à 10 000 Bq/m2 et en moyenne 8 fois supérieure à la moyenne des sols français (soit 51 Bq/kg contre 6,5 Bq/kg). Dans les prairies d’altitude des Alpes du sud, des « points chauds » sur de très petites surfaces (quelques dm2 à un m2 environ), des activités supérieures à 100 000 Bq/m2 peuvent être observées.

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