Mobilité

Fret ferroviaire: inquiétude sur la rive droite du Rhône

ENVISCOPE: Quelle est la situation actuelle pour les riverains de la ligne de la rive droite ?



La fermeture de la ligne au voyageurs en 1979 et l’effondrement du transport marchandises ces dix dernières années a facilité sans doute la construction de nombreuses maisons individuelles près de la voie ferrée. Sur cette ligne très ancienne construite en 1879 on peut y trouver des écoles à 10 m à Ampuis, à Peyraud, même des Eglises à moins de 5 m comme à Serrières, et surtout des centaines de maisons construites à moins de 30m de la voie ferrée .



ENVISCOPE: Quelles nuisances sont elles notées aujourd’hui ?



Avant de parler de nuisances je voudrais apporter une précision sur le nombre de trains marchandises circulant sur la rive droite actuellement. Les chiffres cités de 70 à 80 circulations par jour sont atteints seulement un ou deux jours dans la semaine.


Il faut préciser que certains trains circulent avec un faible nombre de wagons et que jusqu’à présent il y a très peu de circulations de trains marchandises les week-end et les jours fériés :


ce qui permet un peu de repos aux riverains.


Mais cette situation ne va pas perdurer, car avec l’ouverture du réseau ferré à la concurrence, il y aura forcement autant de circulations, quel que soit le jour de la semaine et d’autre part, ces trains comporteront beaucoup plus de wagons . Par conséquent il est évident qu’avec un nombre de circulations projeté entre 200 et 240 trains par jour, les nuisances ne seraient pas multipliées par trois mais par six par rapport à la situation actuelle.



Les nuisances notées aujourd’hui sont les suivantes , un vacarme assourdissant spécifique aux trains de marchandises car constitués de wagons de forme, de longueur et de poids différents , des vibrations conséquentes pour les nombreux riverains situés à moins de 30m de la voie ferrée . Il y a aussi la gêne d’être obligé de laisser fermées les fenêtres la nuit, même par forte chaleur . Il y a les difficultés pour se reposer sur un balcon, une terrasse, ou le jardin dans la journée et l’impossibilité de tenir une conversation avec ses amis ses voisins en extérieur lors du passage des trains. Qu’en sera-t-il lorsque ces nuisances seront démultipliées ?



ENVISCOPE: Combien d’habitants sont-ils potentiellement concernés ?



Je ne saurai vous répondre avec précision pour la rive droite sur la totalité du parcours car je n’ai qu’une étude réalisée par l’association SRD dont je vous joins le détail . (cette étude concerne le secteur de Loire sur Rhône à Serrières.)



ENVISCOPE: L’urbanisme local tient-t-il déjà compte de la présence du train ?



Oui certainement, mais avec des règles qui permettent de délivrer un permis de construire à 4 ou 5 mètres du pied du talus de la voie ferrée : ce qui n’est pas possible pour les constructions de lignes nouvelles.



ENVISCOPE: Quelles mesures souhaitez-vous ?



Nous souhaitons tout d’abord que l’Etat prenne en compte la situation spécifique des habitants de la rive droite et revoit ce projet de contournement. On voit bien que l’environnement de cette ligne n’est pas adapté pour y recevoir un trafic international de cette importance . La preuve en est que nulle part en France il serait autorisé la construction d’une ligne avec des habitations et des bâtiments publics situés à moins de 30 m de la voie ferrée.



La première mesure que nous demanderions, si cette décision devenait définitive : c’est que soient appliquées les mêmes règles de sécurité et de protection des nuisances que celles qui sont appliquées pour la construction des lignes nouvelles en particulier pour les habitations situées à moins de 30m.



ENVISCOPE: Quelles actions-envisagez vous ?



Expliquer les conséquences de ce choix que nous ressentons inhumain et dont nous avons du mal à percevoirl’efficacité et l’intérêt pour le développement durable.



Les questions ont été posées par écrit, par Michel Deprost, à Serge Reboul.

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