Énergie

Solaire et géothermie continueront à coûter cher en argent public selon la Cour des Comptes

Sur la période 2005 à 2011, le soutien aux filières renouvelables a connu une augmentation progressive et significative, essentiellement en raison de la hausse de la CSPE liée aux énergies renouvelables. Ce soutien  a représenté au total 14 Md€ au total.

Mais cette progression du soutien apparait encore limitée au regard de celle enregistrée pour la seule CSPE selon la Commission de régulation de l’énergie (CRE).  Le montant de la CSPE, pour chacune de ces deux années, pourrait atteindre respectivement 2,2 Md€ en 2012 et en 2013  et 3 Md€, dont 2,1 Md€ pour le photovoltaïque.

A l’horizon 2020  sans bouleversement de la politique de soutien menée jusqu’à présent, le volume global de la CSPE liée aux énergies renouvelables peut être estimé à environ 40,5 Md€ pour la période 2012-2020 (9 ans) contre 3,3 Md€ pour la seule période 2005-2011 (7 ans).

À ce montant s’ajouteront des dépenses fiscales et budgétaires et les financements publics de  recherche et développement.

Les parts des différentes filières dans la production d’énergie renouvelable évolueront peu. Seule l’hydraulique devrait baisser significativement (de 30,2 % à 16,9 %). L’éolien devrait progresser (de 6,2 % à 15,2 %) ainsi que la biomasse (2,5 % à 4,5 %). Les filières solaires et géothermiques resteront si rien ne change, de gros consommateurs de fonds publics pour une part très faible dans la production d’énergie.

La stratégie française, qui a parfois pu être décrite comme trop
mesurée par rapport notamment à l’enthousiasme allemand et espagnol,
lui épargne encore pour l’instant les difficultés de financement auxquelles
ces pays se trouvent confrontés.
En effet, l’Allemagne, l’Espagne, l’Italie et le Danemark ont
principalement développé les énergies éolienne et hydraulique depuis les
années 2000 et l’énergie solaire photovoltaïque depuis 2006. Leur
politique a entrainé une forte augmentation de la proportion des énergies
renouvelables mais avec, en contrepartie, de très importants coûts de
soutien, notamment en raison du développement de l’énergie
photovoltaïque depuis 2009. Les surcoûts répercutés sur les
consommateurs ont ainsi atteint des niveaux très élevés en 2012 :
13,9 Md€ en Allemagne et 20,4 Md€ prévus en 2013 dont la moitié est
liée au solaire photovoltaïque, 9 Md€ en Italie, 8 Md€ en Espagne138.
Dans ce contexte, ces pays ont révisé à la baisse les tarifs garantis
depuis 2011 et essayé diverses formules139, avec plus ou moins de succès.
L’Espagne, comme la France, a dû recourir à un moratoire pour tenter de
mettre fin aux dérives de son système de soutien.
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