Mobilité

Sommet franco-italien sur la liaison transalpine ce lundi à Lyon

Mario Monti, premier Ministre italien et François Hollande se rencontreront ce lundi 3  décembre en Préfecture du Rhône pour un sommet franco-italien consacré au projet de liaison Lyon-Turin.

Le sommet va se dérouler avec en toile de fond, une certaine tension. Ces derniers mois, les opposants  globaux à la liaison ” Lyon Turin” se sont fait entendre. Sous l’impulsion du Collectif d’associations implantées en grande partie en Savoie, ils ont développé des arguments techniques et financiers. Ils  ont repris des critiques de la Cour des Comptes, sur l’incertitude  des coûts, des trafics, de la rentabilité. Au delà des opposants ” écologistes”  ( Europe Ecologie Les Verts, Frapna, France Nature Environnement), des oppositions se sont exprimées dans le monde agricole ( Confédération paysanne, FDSEA et CDJA de Savoie) .

Manifestation ce lundi à Lyon

La tension s’est accrue ce week-end. Les opposants se sont mobilisés à Lyon lors d’un avant Sommet au cours duquel ils sont rappelé leurs arguments. Le samedi Ier décembre,  l’accès au territoire français d’une quinzaine d’italiens a été refusé  à la frontière du tunnel du Fréjus. ” Nous condamnons … … avec force la provocation dont la police se rend coupable en faisant inutilement monter la pression avant la manifestation du 3 décembre organisée par les associations NOTAV et la Coordination des opposants au Lyon Turin” expliquent le Parti vert Européen et Europe Ecologie les Verts.

Un projet en deux parties: un tunnel et des accès

La réunion des chefs d’exécutifs devra prendre en compte les critiques pour clarifier le dossier. Le projet de liaison transalpine comporte en effet deux volets, le tunnel de base, et les accès nationaux.

L’ordre du jour du sommet sera en fait plus précisement le projet de tunnel de base international entre Modane et la  vallée de Suse. Cette partie du dossier semble assez bouclée sur les plans technique et financier. Le financement du tunnel de base, environ 8,5 milliards d’euros, doit être assuré par la France, l’Italie et l’Europe. Si les travaux de percement du tunnel commençaient en 2013, les deux tubes pourraient être mis en service en 2025.

Des mesures pour le report modal

Mais le tunnel n’est pas une fin. Les exécutifs des deux pays, doivent donner un feu vert sur le financement, le calendrier, le montage du suivi des travaux. Ils sont attendus sur les mesures qui doivent permettre de faire enfin basculer vers le rail, un trafic routier stagnant, mais polluant.

Ces mesures sont attendues par les défenseurs de l’environnement, par le monde économique ( Chambres de Commerce d’Industrie, MEDEF) et par la Fédération nationale des associations d’usagers des transports ( FNAUT)

Les patrons des exécutifs doivent indiquer un programme clair. François Hollande devra répondre aux opposants de sa majorité pour que Lyon-Turin ne devienne pas, après Notre Dame des Landes, un abcès de fixation des divisions  PS-EELV.

Après l’adoption mercredi 28 novembre par le Conseil des Ministres français d’un projet de loi permettant la ratification d’un avenant au traité franco-italien de 2001, la parole sera au Parlement. Au déjà de la ratification qui ne posera pas de problèmes, c’est une discussion sur les accès français qui devrait être ouverte. Ce sont les accès français qui sont au coeur des critiques les plus nombreuses.

michel.deprost@enviscope.com

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