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Tenue au séisme de tuyauteries de station de pompage : défaut générique sur 29 réacteurs EDF

La corrosion a réduit l’épaisseur de tuyauterie des stations de pompages assurant le refroidissement des réacteurs qui rendrait impossible le refroidissement normal du coeur du réacteur.
Le 10 octobre 2017, EDF a déclaré à l’ASN un événement significatif pour la sûreté à caractère générique de niveau 2 sur l’échelle INES concernant l’absence de garantie de tenue au séisme de tuyauteries situées dans la station de pompage de 29 réacteurs du parc en exploitation. Cette absence de tenue pourrait entraîner une perte partielle ou totale des moyens de refroidissement des réacteurs en cas de séisme. Les circuits implantés dans la station de pompage sont nécessaires à la conduite des installations et à leur maintien dans un état sûr.
Les constats ont été établis lorsqu’en juin 2017, l’exploitant de la centrale de Belleville-sur-Loire a constaté une diminution due à la corrosion de l’épaisseur des tuyauteries des deux voies du circuit d’alimentation en eau du réseau d’extinction d’incendie du réacteur n° 2. Ces réductions d’épaisseur ne permettaient plus de garantir la tenue au séisme de ces tuyauteries, ce qui pouvait conduire en cas de séisme à une inondation des locaux et à la perte du refroidissement des deux réacteurs de la centrale, par noyage des moteurs des pompes du circuit d’eau brute.  L’ASN a demandé à EDF de réparer les deux voies du circuit d’alimentation en eau du réseau d’extinction d’incendie des réacteurs de la centrale de Belleville pour garantir leur tenue au séisme. A ce titre, EDF a procédé, mi-juillet, au remplacement de la partie endommagée de la tuyauterie des deux voies.

EDF a déclaré le 23 juin un événement significatif pour la sûreté, initialement de niveau 1. À la suite de cet événement,  EDF a diligenté au plan national des vérifications et des contrôles des tuyauteries analogues des autres centrales. Finalement, EDF considère que 29 réacteurs répartis sur 11 centrales sont concernés. EDF a d’ores et déjà engagé des réparations ou des remplacements des tuyauteries corrodées.

En raison de configurations propres à chaque centrale nucléaire pour les stations de pompage et de niveaux variables de corrosion des tuyauteries, les conséquences potentielles pour la sûreté diffèrent d’un réacteur à l’autre. En situation de séisme entraînant la rupture des tuyauteries, le noyage des moteurs des pompes du circuit SEC pourrait conduire à la perte totale de l’alimentation en eau de refroidissement pour 20 réacteurs et à sa perte partielle pour 9 réacteurs. Les pompes d’exhaure installées dans ces locaux n’étant pas qualifiées au séisme, leur fonctionnement ne peut pas être garanti dans cette situation.
En cas de perte totale de l’alimentation en eau de refroidissement, l’évacuation de la puissance résiduelle du réacteur est réalisée par les générateurs de vapeur, en utilisant l’eau contenue dans un réservoir prévu à cet effet et résistant au séisme. Toutefois, la réalimentation en eau de ce réservoir par les moyens fixes prévus par les procédures accidentelles ne peut pas être garantie après un séisme. Elle n’est pas secourue électriquement et les transferts d’eau à partir d’autres réservoirs présents sur chaque centrale ne sont pas réputés fonctionnels après un séisme.

Les moyens mobiles de crise locaux pourraient être déployés afin d’alimenter en eau les générateurs de vapeur. Mais cette ligne de défense n’a pas fait l’objet d’une démonstration de sa robustesse pour garantir le maintien du réacteur dans un état sûr. EDF a déclaré un événement significatif pour la sûreté de niveau 2 sur l’échelle INES. Si l’ensemble de ces parades ne fonctionnait pas, la fusion du cœur ne pourrait pas être évitée à terme. Pour ce qui concerne la piscine d’entreposage du combustible usé, des moyens d’appoint (notamment les moyens mobiles de la FARN) pourraient être mis en œuvre compte tenu du temps disponible avant le découvrement du combustible.

Pour les 29 réacteurs concernés par l’événement générique  l’avancement des travaux de remise en conformité est le suivant :
• 10 réacteurs ont fait l’objet d’une réparation provisoire ou définitive ;

• 9 réacteurs sont en situation d’arrêt et font l’objet de réparations qui seront finalisées avant leur redémarrage ;

• 10 réacteurs, actuellement en puissance, disposent d’au moins une voie du circuit d’eau brute de refroidissement résistant au séisme et la deuxième voie est en cours de réparation.

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