Transition énergétique: le véhicule électrique incontournable

Dans le cadre de la concertation nationale sur la révision de la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE) s’est tenu le 23 mai un débat sur le thème de la mobilité électrique. Objectif : donner aux participants les clés pour comprendre les enjeux de l’émergence du véhicule électrique.

Le 23 mai, sur le Campus de la Doua à Lyon-Villeurbanne, une réunion débat s’est déroulée sur le thème de la mobilité électrique. Cette réunion était organisée avec l’Ademe (agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) et l’AVERE (association des véhicules électriques routiers européens), à l’initiative de la SFEN Rhône-Ain-Loire (Société française d’énergie nucléaire), dans le cadre de la concertation nationale sur la révision de la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE).

A cette occasion, plusieurs intervenants ont pris la parole afin de donner aux participants les clés pour comprendre les enjeux de l’émergence du véhicule électrique. “D’ici 2050, l’essentiel des transports se feront hors pétrole, mùis à part le transport aérien”, a estimé Jérôme d’Assigny, directeur de l’Ademe Auvergne-Rhône-Alpes.

Il a justifié sa prédiction par le changement du comportement des Français, qui se reflète dans la recomposition du parc automobile. Les études réalisées par l’Ademe Auvergne-Rhône-Alpes montrent d’une part que le co-voiturage représente environ 10 % des trajets de moyenne distance, tandis que 35 % des Français déclarent avoir déjà effectué un trajet en co-voiturage ; d’autre part que le taux d’équipement en véhicule particulier diminue en zone urbaine. Ainsi, à Paris, 54 % des foyers disposent d’un véhicule, contre 69 % pour les habitants des principales villes de France, et 99 % en milieu rural. De plus, entre 2011 et 2016, la consommation en produits pétroliers a diminué de 1 % par an.

Automobile : des retournements de marché spectaculaires

Fort de ce changement de mentalité et d’une pression croissante sur les utilisateurs des véhicules les plus polluants, en particulier en milieu urbain au sujet de l’émission de particules polluantes, l’Ademe estime que le véhicule électrique occupera une place centrale dans les prochaines années. Pour preure, l’immatriculation de véhicules électriques est passée de 7 000 unités en 2015 à 31 000 en 2017. La barre des 100 000 immatriculations de véhicules électriques par an pourrait être franchie d’ici 2020, ce qui favorisera une diminution du prix d’achat de ces véhicules, dont la vente est encouragée par des primes d’état.

De son côté, Luc Simonet, président régional de l’AVERE, a présenté les différents types de véhicules électriques (VE): les véhicules à batteries rechargeables, les véhicules hybrides et hybrides rechargeables, les VE à prolongateur d’autonomie (thermique et hydrogène), les VE à hydrogène. Longtemps, la faible autonomie de ces véhicules a freiné leur essor. Les progrès des constructeurs et la multiplication des infrastructures de recharge pour véhicules électriques (IRVE) tendent à lever ces blocages psychologiques.

Ces infrastructures sont néanmoins peu utilisées, car 90 % des recharges s’effectuent au domicile des propriétaires d’un véhicule électrique. La nouvelle Renault Zoe, dont l’autonomie avoisine 300 km, contre 120 pour la version précédente, a dopé les ventes de VE en France. Par ailleurs, le véhicule autonome devrait permettre de booster le véhicule électrique. En revanche, Luc Simonet a exprimé ses réserves quant à l’essor des poids-lourds électriques, en raison du poids dissuasif des batteries nécessaires pour le transport de lourdes charges. Les constructeurs privilégient le développement du gaz naturel comprimé (GNV) pour les poids-lourds.

Les principaux enjeux du véhicule électrique

Mais le développement de ce marché, aussi prometteur soit-il, a suscité de nombreux questionnements lors de ce débat :
– remplacer les véhicules à énergie thermique par des VE n’aura aucun impact sur les embouteillages ;
– l’essor des VE ne supprimera pas la pollution en milieu urbain, dont l’origine est également liée au chauffage et à l’industrie ;
– le bilan carbone de la fabrication de tels véhicules, et en particulier des batteries, est difficilement quantifiable et extrêmement variable selon le pays de production ;
– la recharge des batteries augmentera la consommation en électricité, dont les modes de production font débat ;
– le recyclage du lithium pose question.
Autant d’arguments qui ont conduit aussi bien Jérôme d’Assigny de l’Ademe que Luc Simonet, de l’Avere à conclure que le VE n’est pas la solution miracle.

jean-baptiste.jacquet@enviscope.com

NB: Lyon accueillera le 32e salon international du véhicule électrique du 19 au 22 mai mai 2019

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