Environnement

Un 14 juillet plus sobre

Cinquante-quatre avions, 36 hélicoptères, 285 véhicules et 241 chevaux, 3 752 femmes et hommes et 76 chiens ont été montré à Paris le 14 juillet. A Lyon , plus modestement, le défilé a réuni  300 militaires, 40 véhicules, 26 motos, 8 avions et 3 hélicoptères.

Il n’est pas question de remettre en cause le rôle d’une armée, et d’une défense nationale qui dépasse largement le seul rôle de l’armée. Pas question de remettre en cause les liens avec la nation, mais de s’interroger en ces temps de transition, pour savoir une transition ne s’impose pas aussi dans la commémoration d’un moment fort de la vie nationale.

Il faut d’abord remarquer que rares sont apparemment les pays qui organisent un défilé aussi important que la France pour leur fête nationale. La Chine, 1,2 milliard d’habitats,  fait exception avec un défilé 6000 hommes ! La Russie n’organise plus, en général,  de défilé depuis 1986. En Grande-Bretagne on assiste à un défilé simple de la Garde Royale, au Canada quelques défilés se déroulent pendant la fête de la musique Les États-Unis, première puissance militaire au monde, préfèrent dit-on ,  le 4 juillet partir en pique-nique et regarder les majorettes.

On peut légitimement s’interroger sur la dépense que représente-le défilé, pour l’Armée, mais aussi pour des ministères comme le ministère de la Culture. On peut se poser la question de la mobilisation en moyens, et énergie, en usure, dont on nous dit souvent qu’ils sont à bout de souffle, quand il faut faire venir depuis des centaines de milliers de kilomètres des matériels et des hommes.

Un coût inconnu

Il en coute évidemment en énergie en usure mais aussi en temps, en fatigue pour le symbole ! Dans une armée à court de moyens financiers et humains, n’est-il pas illogique de mobiliser pendant des semaines des milliers de militaires pour un exercice absolument artificiel et inutile ! Ce coût d’ailleurs, on ne le connait pas. Une demande d’information (1)  adressée au service de presse des armées il y cinq jours est resté sans réponse!

Pas dans l’esprit initial

Le défilé du 14 juillet n’est pas dans l’esprit initial de la fête nationale, fête de l’union de citoyens, de civils, alors que notre société doit justement retrouver son unité pas seulement  le lien avec l’armée. Le 14 juillet 1790, la fête de la Fédération universelle de France commémore le premier anniversaire de la prise de la Bastille.

Une fête sobre

C’est petit à petit que le défilé est devenu une commémoration militaire au rythme où la France a voulu soit se défendre, soit plus souvent dominer d’autres nations. À partir du Consulat,  la célébration du 14 Juillet perd son caractère populaire, le défilé militaire s’imposer. La troisième République remet le 14 Juillet à l’honneur. Le décret du 6 juillet 1880 que fête nationale et militaire sont totalement associées. Le 14 juillet 1939 du 12 au 16 juillet, rendant un triple hommage au Drapeau, à l’armée et à l’Empire avec un défilé de 300 000 hommes. Cinq semaines avant l’entrée dans une guerre qui ne fut pas drôle.

Le 14 juillet devrait être une fête nationale, riche d’évènements citoyens simples, avec pourquoi pas  manifestations simples, de vraie proximité. Une fête sobre en quelque sorte au diapason d’une nouvelle époque…

michel.deprost@enviscope.com

1) Une partie des manifestations du 14 juillet et du Centenaire de la Première guere mondiale est financé par des entreprises:

Grands partenaires: Dassault AviationFrançaise des jeuxFrance mutualiste JC ;Decaux ;RATP ;

Grands mécènes ;Caisse d’épargne Île-de-France ;Caisse des dépôts ;Crédit du Nord ;EADS ;Fédération nationale des Caisses ;d’épargne ;Fondation EDF ;Fondation Orange ;Saint-Gobain ;;Sodexo ;Total ;

Mécènes ;Air France ;Assystem ;bio Mérieux ;Caisse d’épargne Lorraine ;Fédération nationale André Maginot ;LVMH ;MBDA ;Safran ;  Union des blessés de la face et de la tête

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