Science

Université de Lyon: investir sur la qualité de la recherche

Le récent classement de l’Université de Shanghaï ne place pas l’Université de Lyon ou ses composantes au niveau que justifierait leur potentiel. L’Université Grenoble 1 est mieux classée pour les Sciences de la Terre, la Physique et les Mathématiques que l’Université Lyon 1 et même que l’Ecole Normale Supérieure de Lyon.
Ce classement, précise Michel Lussault, Président de l’Université de Lyon , ne prend en compte que certains critères : le nombre de prix Nobel ou de médailles Fields dans le corps enseignant ou parmi les anciens élèves, les publications dans certains revues scientifiques mondiale, Science et Nature. Le Président de l’Université de Lyon souligne que le classement ne prend pas en compte le nombre d’étudiants de premier cycle (après le bac) et ne prend en compte que le nombre d’étudiants de second cycle. Or, rappelle Michel Lussault, le rôle de l’Université est aussi de former les étudiants après le bac.

Les meilleurs chercheurs

Le classement plus favorable de certaines universités, comme les universités ou écoles suisses, tient au fait qu’elles sont en mesurer d’attirer les « meilleurs chercheurs ». Il ne s’agit pas seulement de conditions salariales ou de conditions de vie. Ces établissements comme de nombreuses universités américaines, sont capables d’assurer aux meilleurs spécialistes qu’ils pourront disposer d’équipements de pointe, gérés par des équipes efficaces. « L’université est une industrie de main d’œuvre » rappelle Michel Lussault.

Depuis plusieurs années les universités et écoles françaises sont en mesure de proposer des conditions salariales plus attractives. La mise en commun de moyens, la réalisation de plateaux techniques, de plates formes permet aussi de proposer des équipements qui permettent à des équipes de haut niveau, internationales, de venir réaliser des recherches. C’est l’utilité des « grands instruments, qu’ils soient matériels ou documentaires.
Quant aux chercheurs de haut niveau, l’Université de Lyon en attire et en emploie déjà de plus en plus. L’attribution récente de la médaille Fields à Cédric Villani, mathématicien à l’Ecole Normale Supérieure, qui devient enseignant à Lyon 1, indique que la situation évolue.

Cette course à l’excellence est-elle synonyme d’un élitisme générateur d’effets sociaux indésirables ? Michel Lussault réfute cet argument. « La science n’est pas démocratique » répond-il en citant le biologiste Axel Kahn. En matière scientifique, tous les chercheurs ne se valent pas. La qualité de la recherche est un objectif obligatoire. De la qualité de la recherche dépend la qualité de la formation. Il reste à améliorer l’accès du plus grand nombre de lycéen à une formation de qualité.

michel.deprost@enviscope.com

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