Construction et aménagement

A45 : Fillon demande aux collectivités de s’engager sur un pourcentage de financement

Le forcing effectué ces dernières semaines par les élus politiques de tous bords et par les décideurs économiques de la Loire pour que le Gouvernement lance enfin l’appel d’offre à concession de l’A45 a peut-être porté ses fruits: en effet le président (UMP) du conseil général de la Loire Bernard Bonne, qui demandait depuis longtemps un rendez-vous à Matignon, a finalement été reçu, seul, ce jeudi 2 septembre à Paris, pour évoquer ce dossier chaud avec le directeur de cabinet de François Fillon, Jean-Paul Faugère.

Celui-ci lui a exposé que l’engagement de principe des collectivités locales concernées (1) , pris en janvier 2010 à l’issue d’une réunion organisée par le préfet de Région Jacques Gérault, était insuffisant pour que le Gouvernement puisse lancer l’appel d’offre permettant aux concessionnaires potentiels de se manifester.

En effet, à ce jour, les collectivités locales sollicitées par Jean Louis Borloo pour prendre en charge à 50/50 avec l’Etat une somme résiduelle de 400 à 700 millions d’euros sur ce chantier d’un montant global de 1,2 milliard ne se sont engagées ni sur un montant précis ni sur une clé de répartition entre elles.

La balle au préfet de Région…

Selon Bernard Bonne, Jean-Paul Faugère lui a annoncé que dès que cette condition serait remplie, l’appel d’offre serait lancé par le Premier Ministre. Le président du conseil général de la Loire lui a donc demandé de faire le nécessaire avec le préfet Gérault pour que les sept collectivités soient à nouveau réunies rapidement afin de décider de cette répartition.

De retour de Matignon, Bernard Bonne a tenu informé le maire de Saint-Etienne Maurice Vincent et le président de la CCI stéphanoise André Mounier, avec lesquels il mène campagne pour l’A45 , de l’évolution du dossier, et pris contact avec le préfet de Région. Pour l’élu ligérien, il est indispensable que cette réunion ait lieu avant la fin de l’année pour que l’appel d’offre , qui de fait mettrait en route le chantier opérationnel de l’A45, puisse être lancé par l’Etat dès janvier 2011.

“l’actuelle A47 non-sens écologique”

Très confiant sur les engagement attendus de la ville de Saint-Etienne, de Saint-Etienne Métropole et du conseil général du Rhône (“Michel Mercier s’est dit prêt à donner une somme de 50 millions d’euros et je sais qu’il tiendra parole”) , Bernard Bonne a demandé au maire PS stéphanois Maurice Vincent, lui aussi chaud partisan de l’A45, d’intervenir très vite auprès de ses amis politiques Gérard Collomb et Jean-Jack Queyranne, pour que Lyon et la Région s’engagent rapidement. Mais l’élu est aussi conscient que le point dur du dossier risque d’être le groupe écologiste du conseil régional “qui risque de mettre en péril la réponse de la Région” . Aussi tient-il à faire passer aux écologistes le message suivant: ” Ce n’est pas l’A45, mais l’actuelle A47 , complètement saturée, obsolète et dangereuse, qui est un non-sens écologique. L’A45, n’est pas un projet de nouvelle autoroute sorti ex nihilo. Il s’agit de remplacer une autoroute existante dépassée qui bloque aujourd’hui le développement économique de la Loire…Et si l’A45 n’améliore pas l’entrée dans Lyon, elle ne l’aggravera pas non plus…”

Coté financement, le président du Conseil général se dit prêt “à prendre une part significative pour réaliser l’opération. C’est LE grand projet de la Loire , c’est vital pour nous, et c’est un investissement rentable à 100 000 %. Nous sommes sept collectivités concernées, mais je suis prêt à mettre plus qu’un septième dans la part qui resterait éventuellement à notre charge…” Et Bernard Bonne se dit même prêt “à faire un emprunt exceptionnel à long terme pour que l’A45 se réalise. Mais cet engagement je le prends fortement, mais facilement car je suis sûr que cette autoroute a une rentabilité qui est pratiquement assurée et qu’au final les collectivités n’auront rien à débourser…” (2).

H.C. / henricolomb@yahoo.fr

(1) 7 collectivités sont concernées directement par ce projet de nouvelle liaison autoroutière entre Lyon et Saint-Etienne: le conseil général, la ville de Saint-Etienne et l’agglomération de Saint-Etienne Métropole coté Loire, le conseil général, la ville de Lyon et le Grand Lyon coté Rhône, plus la Région Rhône-Alpes.

(2) L’engagement que Matignon demande aux collectivités de prendre ne vaudra que si aucun concessionnaire ne peut financer en totalité le projet de l’A45. Dans ce cas, le cout résiduel du chantier non pris en charge par le concessionnaire retenu, serait partagée par moitié entre l’Etat d’une part et les collectivités locales concernées d’autre part . Dans deux cas récents de projets autoroutiers (A 65 Pau-Langon et A41 Jaint-Julien-en-Genevois-Villy-le-Peloux) les collectivités locales qui avaient été aussi sollicitées de la même manière n’ont rien eu à payer les concessionnaires choisis ayant pris en charge la totalité de ces projets.

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