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Après le tunnel de base, les accès français

Les promoteurs mettent en avant, comme l’exemple suisse, l’intérêt environnemental d’un ouvrage qui permet de faire circuler plus de trains ( allant plus vite) sans dépenser l’énergie nécessaire pour franchir les tunnels historiques.

D’ici à 12 ou 15 ans, date de la mise en service du tunnel, le pari consiste à faire croitre le trafic sur le rail, non seulement de voyageurs mais aussi de fret. Il faudra compter avec une croissance plus faible et sans doute différente. Il faudra que le report modal soit efficace, alors que la France a favorisé la route…

Les gouvernements sont au pied du mur. On verra s’ils engagent  dans les transports  la transition écologique réalisée par les Suisses. C’est là que les défenseurs de l’environnement ( évidemment pas seulement les associations) les attendent.

Les accès français, volet énorme

Un fois engagé le tunnel de base, il faudra reparler des accès français, un énorme volet du dossier.

En Italie, les accès nationaux ont un impact moindre sur les régions alpines. Le tunnel de base débouchera sur une ligne qui arrive rapidement à Turin, pour être reliée au réseau national.

En Rhône-Alpes, le tunnel débouchera sur un réseau ferré alpin qui irrigue plusieurs vallées longues, en forte croissance démographique et économique. Le tunnel aboutira indirectement sur le sillon alpin sud et à la vallée du Rhône, sur le sillon alpin nord, vers Chambéry, Aix les Bains, Aneccy, Genève, et évidemment sur Lyon.

Or ce réseau souffre encore de nombreuses faiblesses.  Comme le rappelle un rapport récent de l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne, le réseau français doit être modernisé alors que la période est difficile sur le plan financier . Il faudra faire des choix dans le phasage et dans les ouvrages. Il est probable que deux tunnels, sous Chartreuse et sous l’Epine, cela fait beaucoup.

Comme le souligne certains opposants, il faudra donner une priorité à la modernisation d’axes de transport  pour les voyageurs, alors que les vallées alpines sont encombrées de voitures.

Hier à Lyon, certains observateurs reconnaissaient que les accès français devraient être retravaillés pour que l’impact financier et environnemental soit réduit, pour que l’impact social et économique soit amélioré.

michel.deprost@enviscope.com

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