Environnement

L’Afeda entreprend le fluxage des pollens, seul moyen de contrôle de la lutte contre l’ambroisie

La semaine dernière, les 24 et 26 juillet, comme il n’avait pas plu depuis plusieurs jours, l’Afeda a entrepris le fluxage des pollens d’ambroisie du sol. « La date était particulièrement bien choisie puisqu’après les plus de 30 mm de précipitations de ces derniers jours, cela serait impossible aujourd’hui » explique Chantal Déchamp, médecin allergologue et présidente de l’Afeda. C’est la 4è année que l’association intervient pour la mairie de Saint-Priest et la 2è année pour celle de Mions.

Ce système permettra d’évaluer en fin de saison de pollinisation, à la fin du mois de septembre, ce qui est tombé sur le sol pendant cette année et donc d’évaluer l’efficacité de la lutte entreprise par chacune de ces municipalités.

Seul moyen de contrôle de la lutte contre l’ambroisie

Le principe du fluxage des pollens du sol consiste à faire circuler un véhicule à environ 40km/h sur la surface à étudier pendant quelques kilomètres. Le véhicule est muni à l’arrière d’une perche porte-filtres (notre photo), mesurant 1,50 m de longueur et située à 50 cm de la surface du sol.

Le véhicule soulève derrière lui de la poussière dont une partie va se fixer sur des unités filtrantes standardisées. Ainsi ces prélèvements reflètent la composition générale des dépôts polliniques de surface sur un kilométrage enregistré. Néanmoins la quantité de poussière soulevée, donc en partie de pollens, varie avec l’humidité du sol. Etant donnée les conditions météorologiques de la semaine dernière, les résultats devront être particulièrement intéressants.

Technique mise au point par le CNRS

Le système de fluxage des pollens du sol a été mis au point par le CNRS de Montpellier, il y a une quarantaine d’années et utilisé en Chine, dans la Cordillère des Andes, au Sahara pour connaître le type de végétation. L’Afeda, grâce à ce système compare pour la première fois au monde les pollens fluxés sur le sol en début et fin de pollinisation d’une plante, ce qui permet bien d’évaluer d’une année à l’autre l’efficacité de la lutte entreprise par la collectivité territoriale qui la fait effectuer.

En dehors du contrôle de la lutte réalisée par la commune impliquée, (seul moyen de contrôle existant à ce jour), ce qui est particulièrement intéressant dans ce cas est que le pourcentage des pollens récoltés est comparée à celui du capteur de pollen  de la station météorologique de Lyon-Bron car les unités filtrantes sont identiques et que l’expérience du capteur de Lyon-Bron dure depuis 31 ans !

Dans l’Ain, deux capteurs également

A la suite d’une recommandation du préfet de l’Ain, le Conseil général a pris les choses en main rapidement de façon à comparer les concentrations de pollen d’ambroisie à celles des autres capteurs de Rhône-Alpes déjà en place : celui Ambérieu-en-Bugey depuis 1984, mais aussi dans la Drôme, l’Isère et le Rhône.

Un nouveau capteur de pollen sera donc installé et fonctionnera à Belley à partir du lundi 5 août grâce au président de l’Aspec (Association pour la Sauvegarde et la Protection de l’’Environnement de Contrevoz). En attendant les données du capteur d’Ambérieu-en-Bugey sont éditées chaque semaine sur le site de l’Afeda en temps réel avec les conseils d’un allergologue, pour aider les malades à mieux se soigner.

Le vœu de Chantal Déchamp est « que dans les années à venir les données puissent être obtenues aussi en temps réel pour le capteur de Belley, c’est-à-dire que cette coopération s’étendra à la mairie de Belley et à sa communauté de Communes. ». Elle en appelle par ailleurs aux maires de la région, pour qu’ils fassent la démarche et contactent l’association.

AFEDA, 25 Rue Ambroise Paré, 69800 – Saint-Priest (adresse postale uniquement) Tél. l’après-midi 04 78 40 61 75 – Site internet : http://assoc.wanadoo.fr/afeda courriel : afeda@wanadoo.fr

A PROPOS DE

Le docteur Chantal Déchamp est médecin allergologue, présidente fondatrice de  l’Association Française d’Etude des Ambroisies (AFEDA). Elle a reçu le prix de l’Académie de médecine pour ses recherches sur l’ambroisie et le prix Epidaure du ministère de l’Ecologie. Elle est manager substitute de Cost Ambrosia.Cost est une struture intergouvernementale pour la Coopération européenne en Science et Technologie  http://www.cost.eu/domains_actions/fa/Actions/FA1203

L’Afeda réalise des états des lieux de la pollution de l’air par le pollen d’ambroisie et ses analyses, servent à l’évaluation des politiques de lutte mises en place. Une carte de l’ambroisie au sol, en France et en Europe, a été publiée il y a deux ans dans sa revue « Ambroise, the first international ragweed review ».

L’ambroisie est facile à éradiquer lorsqu’elle est en petite quantité cela devient impossible lorsqu’elle a colonisé de grandes surfaces, il est alors trop tard. Il est donc impératif de savoir ce qu’il en est dans chaque région de France.

Les moyens de contrôle sont constitués de capteurs, destinés aux pollens d’ambroisie. Ils doivent être installés dans la banlieue immédiate d’une grande ville et non au centre-ville, puisque les pollens sont partiellement stoppés par les bâtiments, tandis que l’ambroisie pousse essentiellement en zone rurale. Toutefois ces capteurs ne permettent pas de mesurer les teneurs en pollen sur une commune en particulier, mesure que seule la technique du fluxage des pollens autorise.

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